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Franc CFA: Pourquoi la dévaluation n’aura pas lieu

Le gouverneur de la BEAC a démenti les folles rumeurs au cours d’un point de presse hier à Yaoundé. Le dynamisme du secteur non pétrolier, la mise en oeuvre des programmes conclus avec le FMI et la réduction du déficit budgétaire entre autres, augurent de meilleures perspectives pour 2017. La dévaluation du franc CFA, monnaie commune aux six pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) n’est pas prévue. Elle n’est pas non plus envisagée par les responsables en conduire la politique monétaire de cette zone. C’est ce message que le gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), Abbas Mahamat Tolli a voulu faire passer lors de la conférence de presse sanctionnant les travaux de la deuxième réunion du Comité de politique monétaire (CPM). C’était hier à Yaoundé, dans les locaux de la Banque centrale. Une sortie opportune qui vise à démentir les folles rumeurs qui ont cours actuellement, annonçant une dévaluation de cette monnaie. Des rumeurs sans fondements Ces rumeurs autour d’une possible dévaluation du franc CFA ne sont pas un fait nouveau. Selon le Gouverneur, c’est depuis le milieu des années 90, notamment après la dévaluation intervenue le 12 janvier 1994 qu’elles ont cours. « Et comme les autres fois, ces rumeurs sont sans aucun fondement. La spécificité aujourd’hui est que cette rumeur touche davantage la zone CEMAC en épargnant cette fois-ci la zone UEMOA », ajoute Abbas Mahamat Tolli. Pour davantage souligner le caractère « fantaisiste » des informations, le président du CPM a évoqué l’épisode de 2011. Alors même que la sous-région affiche des performances meilleures à celles d’autres pays et régions (avec notamment des réserves officielles évaluées à 8000 milliards de F), la question de la dévaluation se posait toujours. Des chiffres pour comprendre Il ne suffisait pas de le dire pour dissiper les doutes et les craintes qui animent l’opinion depuis quelques temps. En effet, Abbas Mahamat Tolli a adopté la démarche par les chiffres pour soutenir la position de la Banque centrale. Lorsque la dévaluation du franc CFA intervient le 12 janvier 1994, les indicateurs sont quasiment dans le rouge. Récession économique, déficit considérable et structurel des budgets des Etats, déficit important de la balance des paiements suite à la baisse drastique des cours des matières premières, délabrement du système bancaire (plusieurs banques en faillite) et un taux de couverture extérieure de la monnaie en dessous de la norme minimale de 20%. Près d’un quart de siècle plus tard, la situation n’est pas la même. Pour ne prendre que le seul cas du niveau des réserves de change, elles se situaient à 165 milliards de F en 1993. Or, elles sont actuellement évaluées à près de 2800 milliards de F, correspondant à plus de deux mois (2,1) d’importation de biens et de services contre 1,3 mois en 1993. La situation économique de la CEMAC s’est certes dégradée depuis 2014 en raison de la chute des cours du pétrole et l’insécurité perpétrée par la secte Boko Haram, « mais les mesures correctives idoines ont été engagées » déclare le Gouverneur. Les ajustements budgétaires au sein des Etats matérialisés par une baisse de plus de 40% des dépenses publiques en capital. Le programme de réformes économiques et financières (PREF-CEMAC) mis sur pied en juillet 2016. Quatre des six pays de la CEMAC (Cameroun, Tchad, Gabon, RCA) ont conclu des programmes avec le Fonds monétaire international. Des accords qui ont l’avantage d’ouvrir des perspectives favorables en matière de mobilisation de ressources extérieures auprès des bailleurs de fonds. Toutes ces mesures ont permis de réduire le rythme de baisse des réserves de change. Les nouvelles prévisions pour 2017 tablent sur une légère remontée de la croissance avec un taux de +0,8%. Le taux directeur a été maintenu à son niveau de 2,95%.

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