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Eau potable au Cameroun

Des changements en vue

L e contrat d’affermage  qui lie l’Etat du Cameroun à la Camerounaise  des  Eaux  (CDE) entré  en  vigueur  depuis  le  2  mai  2008, arrive à son terme en  mai 2018, conformément aux  engagements pris pour une  période de 10 ans. La société  de droit camerounais créée en  décembre 2007 par un groupement d’entreprises marocaines  (ONEE, Delta holding, NOVEC  et Medz) en vue de gérer les  services  de  production,  de  transport, de distribution et  de commercialisation de l’eau  potable sur la zone d’affermage  constituée de 110 centres urbains  et périurbains n’existera plus.  C’est que, le gouvernement  camerounais ne renouvellera  pas ledit contrat. A vrai dire,  cela n’est pas une surprise. Le  chef de l’Etat lui-même avait  donné des instructions fermes  en 2016 pour mettre un terme  à ce contrat au vu des défaillances observées. Et d’après  des sources fiables, l’entreprise  a déjà été informée de cette  décision de non renouvellement.  De son côté, le gouvernement  travaille à préparer un certain  nombre d’actes réglementaires  devant matérialiser la fin de  l’affermage. Il s’agit d’un processus bien encadré qui part  des inventaires à réaliser, du  bilan et de l’audit même des  engagements. A la lecture de  ce qui se prépare, on est en  droit  de  se  poser  quelques  questions  sur  la  gestion  future du secteur. Qu’est-ce qui va  changer ? Les  activités  d’exploitation  jusque-là  gérées  par  la  CDE  seront reprises par la Cameroon Water Utilities Corporation (Camwater), société de  patrimoine dans le secteur de  l’eau potable. Ceci, en plus de  ses missions traditionnelles qui  se résument globalement à la  construction des adductions  d’eau  et  à  la  recherche  des  financements. Ce transfert de  compétences nécessite la mise  sur pied d’un certain nombre  d’instruments juridiques. Selon  une source proche du dossier,  lesdits documents doivent être  produits par le gouvernement  au plus tard le 31 août prochain. Reprise définitive  ou temporaire ? Difficile de dire si la reprise de  l’affermage par la Camwater  sera définitive. Elle peut être  définitive, tout comme des ajustements pourraient intervenir.  Pour être franc, avant toute  communication officielle, ces  hypothèses relèvent simplement de la spéculation. A titre  de rappel, avant la CDE et la  Camwater arrivées en 2005, il  y a eu la Société nationale des  eaux du Cameroun (SNEC) créée  en mai 1967. Elle était chargée,  en régime de concession, des  activités de production et de  distribution d’eau potable dans  les agglomérations urbaines  du pays. Par la suite, la SNEC  a été inscrite dans la liste des  entreprises à réformer par le  décret N°99/210 du 22 septembre  1999. Il fallait alors céder 51%  du capital social de la société  à un partenaire de référence,  ayant les capacités techniques  avérées et une surface financière suffisante pour réaliser  les investissements attendus  dans le cadre d’un nouveau  contrat de concession. Finalement,  le  nouveau  schéma  stratégique  de  privatisation  choisi par le gouvernement a  retenu la mise en affermage  du secteur de l’alimentation  en eau potable, à travers un  partenariat public-privé.  La nouvelle configuration du  secteur  de  l’hydraulique  urbaine a été matérialisée par  le  décret  N°  2005/493  du  31  décembre 2005 du président  de  la  République,  fixant  les  modalités de délégation des  services publics de l’eau potable  et de l’assainissement liquide  en milieu urbain et périurbain.  Décret qui a prévu la création  de deux sociétés. Une société  de patrimoine, société à capital public, la Camwater ; et  une société fermière, société  anonyme chargée de l’exploitation du service public, de la  production et de la distribution  de l’eau potable en milieu urbain et périurbain.

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