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Muna Mboa

Une poupée ashanti camerounaise

Il existe un potentiel commercial dans le phénomène de retour aux valeurs de l’Afrique d’avant les contacts avec d’autres civilisations et les défaites subséquentes. Nubia Kemita, a emprunté à l’égyptien ancien une dé- clinaison du terme Kemet, tel que s’auto-désignait le pays des pharaons il y a cinq mille ans. Une référence extraordinaire qui peut être fructifiée à travers des produits culturels et ludiques comme les poupées que fabrique sous cette marque la Pme Muna Mboa, active depuis 2015. Même si les promoteurs de Nubia Kemita ne se présentent pas comme d’ordinaires entrepreneurs à la recherche de gains. Nous avons pensé, déclare Albert Ndjeng Bikim, « à trouver des divertissements propres à notre personnalité d’Africains. Nous faisons de notre slogan une réalité au-delà de la publicité : Nubia, c’est la poupée qui nous ressemble. » L’expérience camerounaise de cette poupée habillée avec des tissus imprimés part d’une discussion entre deux jeunes expatriés en Occident, Manuella Njomkam et Albert Ndjeng Bikim. Avec des fonds personnels, ils créent l’entreprise à partir de la France, s’adressent aux Africains en Europe, avant d’en installer une filiale locale il y a deux ans, dans leur pays d’origine. Si les deux insistent sur l’aspect marketing des cultures africaines, il apparaît néanmoins derrière les premiers chiffres de leur établissement au Cameroun que le business mord les petites consommatrices, prescripteurs d’achats à leurs parents. La production des Nubia Kemita tourne autour de 8000 poupées par an. Des collections à thème (cultures et langues, création de richesse, etc.) alimentent un marché dont la matière première se trouve dans le savoir-concevoir des créateurs de modèles. Cela se passe ici, au Cameroun, comme les choix des tenues. La poupée est vendue 18 000 F l’unité dans un réseau de distribution qui comprend aussi bien les espaces spécialisés que le Net en attendant les grandes surfaces. « En Europe, elle coûte 35 euros… Nous la vendons moins cher ici pour des raisons évidentes : notre public est sur le continent et c’est en la faisant connaître davantage localement que la marque grandira », commente Ndjeng Bikim. Un pari qui devrait s’évaluer au cours des prochaines années, quand Muna Mboa sera principalement (de la conception à la distribution en passant par la fabrication) installée au Cameroun.

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