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Ce n’était que des rumeurs

Qu’a-t-on entendu à propos du franc CFA ces derniers jours ? Certains confrères soutenaient mordicus que le franc CFA d’Afrique centrale (XAF) sera dévalué. Tandis que le franc CFA d’Afrique de l’Ouest (XOF) sera réévalué. Ces folles rumeurs sont d’ailleurs allées plus loin, au point que certains prétendaient que des propositions dans ce sens étaient déposées sur la table du nouveau président français, Emmanuel Macron, au lendemain des audiences accordées à l’Elysée aux présidents sénégalais, Macky Sall et ivoirien, Alassane Drame Ouattara. Le fait de cette polémique a alimenté des discussions dans les réseaux sociaux, chez certains confrères et dans une certaine mesure dans l’opinion nationale. Dans un contexte où les Etats de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) sont à l’ouvrage pour trouver des solutions aux difficultés économiques et financières auxquelles ils font face, lesquelles difficultés sont le fait d’une conjoncture économique marquée entre autres par la baisse drastique des cours de pétrole et le choc sécuritaire, il est étonnant de constater que certaines personnes se sont amusées à distiller des informations erronées sur une question aussi grave. Les paramètres économiques de la zone CEMAC, malgré les difficultés soulignées plus haut, restent globalement proches du vert. En tout cas, les indicateurs ne sont pas si mauvais, comparativement à la situation de 1993, ayant conduit à la dévaluation du franc CFA le 12 janvier 1994. Aujourd’hui, en zone CEMAC, on a un compte de dépôt qui n’est certes pas aussi renfloué qu’il y a quelque temps ; la balance commerciale qui enregistre un léger déficit ; un compte d’opérations, lui aussi, en recul, mais pas menacé ; et surtout la garantie de la convertibilité avec l’euro, réaffirmée aussi bien par le Fonds monétaire international lors du sommet des chefs d’Etat du 23 décembre dernier à Yaoundé, que par les autorités françaises alors représentées par le ministre des Finances ayant effectivement pris part aux travaux de Yaoundé. De telles spéculations sont forcément irresponsables dans un contexte où la préoccupation est de fédérer les énergies pour trouver les voies et moyens de relance de nos économies en stagnation. Elles peuvent procéder à déstabiliser les efforts permanents et constants actuels des Etats et nuire à la certitude des commerces et des affaires. Elles visent pas moins qu’à créer l’insécurité économique. Au point où nous en sommes, les institutions de la zone sont formelles : rien n’autorise de dire qu’à court et moyen terme, pour être prudent, que le franc CFA d’Afrique centrale est menacé de dévaluation. La voix la plus autorisée de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC), le gouverneur Abbas Mahamat Tolli, a donné des assurances sur la question, lors de son point de presse hier à Yaoundé. Il n’y aura pas de dévaluation. La position du FMI le conforte d’ailleurs dans cette posture. Dans un contexte où les pays membres de la CEMAC conduisent actuellement des programmes économiques et financiers, pour réajuster le tir, la dévaluation ne saurait être à l’ordre du jour. La zone a un potentiel économique fort. Elle peut souffrir des questions d’ajustement ou de rigueur dans la gestion budgétaire. Mais, elle a un avenir prometteur. Elle en a conscience et prend la mesure pour inverser la tendance actuelle.

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