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« Il faut transformer la production locale à l’échelle industrielle »

Protais Ayangma, président d’Entreprise du Cameroun (ECAM) et organisateur des Journées économiques, industrielles et commerciales du Cameroun en Chine (JEICAC), explique. Pourquoi organiser des Journées économiques, industrielles et commerciales du Cameroun en Chine ? La Chine est désormais un partenaire de choix pour les pays en général et pour notre pays en particulier. De nombreuses PME et PMI camerounaises éprouvent d’énormes difficultés à lever les fonds nécessaires pour assurer leur développement. La Chine est une puissance économique et industrielle nantie de ressources diverses qu’elle propose à notre pays pour accélérer le processus d’industrialisation dans les différents secteurs d’activités. Ces journées économiques visent à permettre aux opérateurs économiques camerounais d’aller à la conquête de l’expertise, l’expérience et le savoir-faire chinois. En considérant le dynamisme et la densité des investissements de la Chine dans notre pays, il est évident que nos institutions, les porteurs de projets et les opérateurs économiques ont tout à gagner à participer au JEICAC. C’est l’occasion idéale pour conclure des partenariats financiers et techniques bénéfiques à tous. Où en êtes-vous avec les préparatifs de cet évènement qui aura lieu dans moins de trois mois ? Nous sommes en train de procéder aux derniers réglages avec nos partenaires chinois : la date, le format, les coûts, le programme, la logistique… Une première mission préparatoire est prévue en Chine dans les prochaines semaines pour arrêter les détails de cet important évènement. Car, nous ne voulons rien laisser au hasard. Nous avons d’ores et déjà accepté, à la demande de nos partenaires chinois, revoir la date compte tenu de la prochaine assemblée du parti chinois. Nous nous sommes assurés du soutien de notre ambassade à Beijing, des Camerounais de la diaspora ainsi que du correspondant Ecam en Chine qui sont tous à pied d’oeuvre. Au niveau national, le projet a été soumis à la plupart des chefs de départements ministériels à caractère économique et aux principales organisations du secteur privé. L’accueil est jusqu’à présent enthousiaste. Nous allons bientôt commencer la phase des adhésions. Un site web consacré à l’évènement est déjà disponible : www.jeicac. com Les opérateurs économiques camerounais sont-ils capables de tirer profit des opportunités d’affaires qu’offre ce grand débouché? Par le simple fait de sa densité démographique, sa richesse technologique et sa puissance économique, la Chine constitue une source de débouchés importants pour les produits made in Cameroon. L’absence de financement et la faiblesse de l’industrialisation sont des obstacles majeurs auxquels nos opérateurs économiques sont confrontés. La Chine leur offre des possibilités fabuleuses dans cette perspective. Comme vous le savez, la coopération avec la Chine est particulièrement adaptée à nos réalités économiques. C’est une coopération à la fois concrète, pratique et concessionnelle, avec des possibilités de remboursements en nature. Plusieurs opportunités s’offrent donc aux opérateurs économiques camerounais. Ils peuvent notamment créer des joint-ventures, trouver des partenaires financiers ou techniques, afin d’acquérir des machines et équipements dont ils ont besoin pour développer leurs industries et transformer localement nos différents produits que nous pourrions exportés vers la Chine. Nous voulons faire du Cameroun le hub de la Chine en Afrique centrale. Quels sont les secteurs dans lesquels il faut investir pour mieux exporter vers la Chine ? L’émergence doit être un processus intégré et fondé sur la mise à contribution de tous les secteurs de développement. Tous les domaines sont donc concernés. Ce qui est important c’est la qualité des projets présentés. L’objectif des JEICAC, à long terme, est de permettre au Cameroun de passer d’un modèle basé sur l’exportation des matières premières à la mise en place d’une chaîne industrielle locale complète. Ce qui va créer des emplois et contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations. Les domaines qui semblent les plus porteurs concernent l’agriculture, l’agro-industrie, l’élevage, les énergies renouvelables, le tourisme, le numérique…. C’est aux Camerounais (public et privé) de choisir et de convaincre leurs partenaires. Le Cameroun n’exporte vers la Chine que des matières premières et produits à l’état brut. Comment entendez- vous changer la donne ? L’objectif des JEICAC est de permettre au Cameroun de produire localement et transformer cette production à l’échelle industrielle. Ce processus réduira de fait les importations en favorisant l’exportation des produits made in Cameroon. A travers le phénomène de délocalisation, il est désormais possible de voir de plus en plus de marchandises produites conjointement par le Cameroun et la Chine sur les marchés internationaux. Le nouveau plan directeur d’industrialisation du gouvernement ambitionne de transformer structurellement notre économie en la faisant passer d’une économie primaire vers un système productif tiré par les transformations manufacturières, avec une contribution plus significative du secteur industriel. C’est exactement ce qu’il faut faire. Nous devons donc essayer de profiter de la technologie et des financements chinois pour muscler notre industrie, afin de leur vendre des produits à forte valeur ajoutée.

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