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Agriculture en Afrique horizon 2030: Un marché de plus de 546 000 milliards de F

Estimation faite par le « Rapport sur l’état de l’agriculture en Afrique » récemment rendu public à

Passer du statut d’importateurs à celui d’exportateurs de produits alimentaires. Selon les prévisions du « Rapport sur l’état de l’agriculture en Afrique » présenté lors du Forum pour la Révolution Verte en Afrique, le 5 septembre dernier à Abidjan, l’Afrique en est capable. Bien plus, le secteur agricole pourrait relancer la croissance économique africaine et remplacer les mines dans les échanges internationaux, d’après les auteurs du rapport. Ces derniers plaident pour une plus grande implication des gouvernements et du secteur privé. Selon le rapport, l’agriculture sera à l’origine de la révolution tranquille en Afrique, en mettant l’accent sur les PME et les petits agriculteurs, qui créent des emplois à forte productivité et une croissance économique durable. Autre conclusion du rapport, la révolution agricole africaine nécessite une approche inclusive qui associe des millions de petites exploitations à des entreprises agroalimentaires, créant des chaînes d’approvisionnement alimentaires étendues et des possibilités d’emploi pour des millions de personnes, dont ceux qui vont opérer une transition dans l’agriculture. Cela est différent du modèle souvent vu ailleurs dans le monde où l’on est passé à une agriculture commerciale et de transformation alimentaire à grande échelle avec relativement peu d’emplois et des niveaux de capital élevé. Selon le Dr Agnes Kalibata, présidente de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), « l’Afrique a les ressources naturelles potentielles, les compétences, les capacités humaines et la terre susceptibles d’inverser la balance des paiements et de passer du statut d’importateur à celui d’exportateur en consommant des aliments produits en Afrique ». Actuellement, une partie de la demande alimentaire en Afrique est satisfaite par les importations. Celle-ci s’élève à 35 milliards de dollars par an (19 000 milliards de Fcfa), et devrait atteindre 110 milliards de dollars (près de 60 000 milliards de Fcfa) d’ici 2025, à moins que l’Afrique n’améliore la productivité et la compétitivité mondiale de ses secteurs agricoles et agro-industriels.   19 000 milliards de F La valeur monétaire de la demande alimentaire en Afrique, selon le rapport. « L’Afrique peut miser sur l’agriculture » Dr. René Yatcho Nyaben, enseignant d’Economie du développement. Le « Rapport sur l’état de l’agriculture en Afrique » présenté le 5 septembre dernier révèle que l’agriculture représentera un marché de 546 000 milliards de F en Afrique d’ici 2030. Comment améliorer la productivité du secteur agricole pour parvenir à cet objectif ? L’étude des différentes théories du développement actuel révèle que l’Afrique peut miser plus que jamais sur l’agriculture pour amorcer son décollage économique. Pour cela, il appartient à chaque nation d’arbitrer en faveur des mesures conjoncturelles et surtout, structurelles, susceptibles d’améliorer sa productivité agricole. Pour ce faire, il faudrait amorcer une véritable révolution agricole portant sur le développement d’un artisanat rural, source d’emplois et de revenus, l’usage des engrais et des semences sélectionnés, le déploiement d’une animation rurale efficace. Par ailleurs, la promotion des structures de coopération (coopérative par exemple), la réforme foncière pour permettre l’accès d’un plus grand nombre aux terres, l’amélioration des méthodes culturales (irrigation) et la prévention de l’émigration rurale résultant non pas du progrès agricole, mais d’un marasme poussant les populations hors des campagnes désolées, sont nécessaires. Quel rôle le secteur privé peut-il jouer dans le développement d’une agro-industrie compétitive en Afrique ? Pour faire de l’agriculture le levier incontournable du développement, il faut lui assurer un maximum de financement. En ce sens, le secteur privé peut soutenir les initiatives de l’Etat, contribuer au choix des meilleures configurations des chaînes de valeur et renforcer le potentiel d’investissement local. Toutefois, l’intervention sus-évoquée doit être encadrée afin d’éviter l’exclusion et/ou la marginalisation des acteurs ruraux de moyenne ou petite dimension. L’Afrique peut-elle remplacer durablement les minerais par les produits agricoles dans ses échanges internationaux ? Pour se positionner de manière significative dans les échanges internationaux, l’Afrique se doit de réviser sa politique économique. En effet, son cantonnement actuel dans les produits de rente, notamment les minerais, l’empêche de développer des stratégies proactives en matière de produits finis ou semi-finis. Vous comprenez donc qu’il ne s’agit pas uniquement de vendre des produits agricoles, mais plutôt de les transformer afin de tirer de substantielles plus-values des échanges internationaux. Ce n’est donc pas une question de choix, mais de nécessité. 

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