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« Le prix du gravier a connu une décote »

Daniel Dicoum, directeur général du groupe Le Gravier Sarl.

Quelle est la conjoncture actuelle du marché du gravier ? Avec la perspective de la CAN 2019 et d’autres projets structurants, le pays est en grand chantier. Ajouter à cela les chantiers des particuliers. Théoriquement, les acteurs de la filière devraient profiter de cette excellente opportunité. On en déduit donc que le gravier se vend au prix fort... Il faut déjà relever que les nationaux qui opèrent dans la filière ne sont pas toujours associés aux travaux puisque les entreprises (de BTP, ndlr) ont tendance à mettre sur pied leur propre unité d’extraction. Donc il arrive que nous produisions sans carnet de commandes pour écouler cette production. Les prix sur le marché sont le résultat du dumping des carrières des multinationales chinoises qui nous livrent une concurrence que je qualifierai de déloyale tant sur la qualité que sur les prix. Toutefois, il n’y a pas une harmonie des prix car nous sommes une économie libérale. Depuis le 1er avril nous proposons du gravier à un prix moyen de 8500 F la tonne. Il s’agit d’une grande décote par rapport au prix pratiqué il y’a quelques années où la tonne de gravier coûtait 17500F. Comment vous adaptez-vous à cette nouvelle donne ? Face à la chute des cours nous avons essayé de nous adapter en diminuant nos effectifs malheureusement. On a essayé de diminuer des charges d’exploitation. Mais il faut de la trésorerie pour acquérir un camion par exemple et donner de la valeur ajoutée au client, pour désintéresser les investisseurs. Le problème majeur des acteurs locaux tient au fait que tout le monde ne bénéficie pas de la loi sur l’incitation à l’investissement de 2013. Il se trouve que ceux qui ont investi avant 2012 ne sont pas bénéficiaires de cette loi comme les multinationales qui ont des avantages fiscaux et douaniers d’où les prix qu’ils pratiquent. Ils ont également une technologie que nous n’avons pas. Nous lançonsun cri de cœur à l’endroit des pouvoirs publics afin de revoir la situation des promoteurs locaux ayant investi avant 2012 pour que nous soyons tous au même niveau. Ce n’est pas du protectionnisme, mais un libéralisme avec égalité de chance pour tous.

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Commentaires

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    9d ago

    il n'y a qu'au Cameroun ou le citoyen peut filmer la gloire et le triomphe de l'étranger et applaudir d'impuissance. je possède une concession (de 16 ha + plusieurs autres ha au voisinage) de granit et autres pierres, à Ngambé que je voudrais valoriser mais c'est malheureusement toujours le chinois que j'ai comme interlocuteur or, je trime depuis plus d'un an sans voir un compatriote volontaire pour l'exploitation.

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