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Exportations: Le baril de pétrole vendu 15 dollars de plus

Le renchérissement des cours de l’or noir à 59,3 dollars au premier trimestre 2021 contre 43,6 dollars au dernier trimestre 2020 a été porté par l’optimisme des recherchés sur le covid-19.

L es cinq pays de la CEMAC, producteurs de pétrole brut ont gagné 15 dollars supplémentaires, soit un peu plus de 8 000 F, sur chaque baril (159 litres) d’or noir vendu durant les trois premiers mois de cette année, contrairement au trimestre précédent. Les cours ont évolué de 43,6 dollars (environ 23 460 F) à 59,3 dollars (près de 32 000 F) sur cette période. Une hausse qui s’est répercutée à l’ensemble des prix des produits énergétiques exportés par la sous-région incluant le relèvement (33,7%) des cours du gaz naturel. Pour le Cameroun dont le budget 2021 a été établi sur la base d’un baril du pétrole à 43,8 dollars (intégrant une décote de 3,5 dollars sur le prix mondial), c’est une plus-value de 11 dollars (environ 5920 F au cours actuel du dollar) pour chaque baril de pétrole camerounais vendu sur les recettes pétrolières projetées. Ce surplus devrait néanmoins diminuer en raison de la fluctuation du taux de change du dollar actuellement autour de 538 F, en dessous des 579,8 F pris en compte comme base de calcul dans la loi de finances 2021. Le pays a tablé sur une production de 24,8 millions de barils de pétrole et une production de gaz de 82 milliards de pied cube, avec un prix du baril de gaz à 4,4 dollars. Plusieurs facteurs justifient la remontée des cours du pétrole : « l’optimisme lié aux recherches sur le covid-19 ; le passage de l’ouragan Laura qui a occasionné des coupures massives de production dans le Golfe du Mexique ; l’espoir d’une plus forte demande de la Chine premier importateur mondial de pétrole et des Etats-Unis ; et des perspectives de baisse de la production des pays membres de l’OPEP+, avec le volume record produit de mai à juillet 2020 », énumère la BEAC dans sa récente note sur l’évolution des cours des principaux produits de base exportés par la CEMAC. Dans son analyse, la Banque centrale projette pour 2021, un cours moyen du baril de pétrole brut à 44 dollars, soit trois de dollars de plus par rapport au prix de 2020. Cette prévision est motivée par le redressement lent de la demande, dans un contexte où le tourisme et les voyages restent freinés par les mesures de riposte au covid-19. L’activité économique mondiale ne devrait recouvrer son niveau d’avant la crise qu’en 2022, note la BEAC. Après avoir plongé dans le rouge (-34 dollars le baril en avril 2020), le prix de l’or noir s’est progressivement redressé. Toutefois, la hausse qui sous-tend les prévisions pour ce principal produit d’exportation de la sous-région, serait à prendre avec des pincettes d’après la banque centrale pour qui « un prix aussi élevé pour le pétrole n’est pas dans l’intérêt de l’OPEP+ elle-même ». Cette affirmation tient de ce que d’une part, cette hausse relancera l’industrie américaine du schiste (déjà à l’origine de la baisse des prix observée l’année dernière) et d’autre part, de l’arrivée plus tôt que prévu de la production iranienne sur le marché.

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