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Journée internationale de la femme rurale: L’accès à la terre préoccupe dans la Vina

La 26e édition a permis à ces dernières de plancher sur cette question qui reste d’actualité, le 14 octobre dernier à Ngaoundéré.

Adéline Néné a perdu son époux y compris tous ses biens. Après le décès de son mari, cette veuve s’est vue dépouillée de toutes les terres qui appartenaient à ce dernier par sa belle famille. Depuis lors, elle peine à élever ses cinq enfants devenus orphelins, faute d’espace pour cultiver ses champs. L’histoire de cette femme rurale vivant dans l’arrondissement de Ngan-Ha, département de la Vina dans la région de l’Adamaoua est aussi le lot quotidien de plusieurs autres femmes en zone rurale. C’est pourquoi, à l’occasion de la célébration de la 26e édition de la journée internationale qui leur est consacrée, les femmes rurales des huit arrondissements du département de la Vina se sont donné rendez-vous le 14 octobre dernier au Centre de promotion de la femme et de la famille de Ngaoundéré autour des causeries éducatives. Ceci dans la perspective de trouver des solutions à leurs problèmes. D’autres ont abandonné leurs champs et leurs fermes pour cogiter autour du thème de cette célébration à savoir : « renforcer les actions en faveur de la paix, de l’accès à la terre et au financement pour le relèvement des femmes et filles vivant en milieu rural en contexte de crises ».

Pour les femmes rurales du département de la Vina, les problèmes de l’accès à la terre et du financement sont une réalité dans leur vécu quotidien. L’occasion faisant le larron, clusters de développement rural de la coopération allemande à travers la GIZ, partenaire technique du ministère de la Promotion de la femme et de la Famille a entretenu ces dames sur la bancarisation et plus précisément, l’épargne et l’octroi de crédits dans une microfinance. Il a été question de leur fournir des astuces pour sécuriser leurs économies voire leurs recettes. « Grâce à cette causerie éducative, nous avons appris la démarche à suivre pour sécuriser nos finances. Le fait de dormir avec de l’argent en espèces sous l’oreiller ou le lit était trop risqué. Aujourd’hui, nous sommes très heureuses de savoir qu’on peut garder notre argent en lieu sûr, sans qu’un voleur ne vienne l’emporter. Il est donc important de savoir que la banque est un lieu sûr », a confié Halimatou Adjia, productrice de pommes de terre sur l’espace rural de Ngaoundéré 2e.

Pour édifier ces femmes, la délégation départementale du Minproff et la GIZ ont ciblé l’accès au financement et à la terre comme modules essentiels pour meubler les échanges entre les femmes. Pour le délégué départemental du Minproff pour la Vina, Sylviane Boguiebe Nana Abdoulaye, ces deux problématiques arrivent à point nommé, puisque les conditions de vie de la femme vivant en milieu rural restent d’actualité et par ricochet préoccupantes. « Malgré les apports indéniables, les statistiques révèlent une féminisation de la pauvreté avec un taux de 51,5%. En matière d’accès à la terre et aux crédits par exemple, seulement 1,6% de femmes sont propriétaires d’un titre foncier à leur nom et 16,8% d’entre elles peuvent bénéficier d’un crédit à usage quelconque » a relevé le délégué départemental du Minproff pour la Vina. Avec les rudiments reçus sur l’épargne et le crédit, les femmes rurales du département de la Vina vont pouvoir acquérir des financements pour accroître leur rendement tout en sachant où sécuriser leurs espèces sonnantes et trébuchantes.

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