loader

Culture du cacao: Les femmes, nouvelle cible

Sur une durée de quatre ans, l’Interprofession compte expérimenter un concept visant à les sortir de la précarité à travers la production d’un cacao de qualité.

L orsqu’une initiative locale fait des émules au point de devenir une cause nationale. C’est l’histoire d’une trentaine de femmes du village Ihund, dans l’arrondissement de Massok-Songloulou, département de la Sanaga maritime, région du Littoral, qui ont décidé de briser les tabous en se lançant dans la cacaoculture. Une initiative qui n’a pas laissé le Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC) indifférent. L’interprofession a saisi la balle au rebond, en mettant en place le programme « Femme rurale dans le cacao ». Le concept a été officiellement lancé le 1er juin dernier à Ihund par les ministres de l’Agriculture et du Développement rural (Minader) et du Commerce (Mincommerce). Au-delà de sa dimension genre, le programme veut apporter une solution durable au statut des femmes rurales généralement confrontées à des situations d’extrême précarité et d’instabilité financière. Le projet couvre l’ensemble des bassins de production du cacao. Il va permettre aux femmes r u r a l e s d’avoir un revenu individuel stable, à partir d’une culture pérenne. Selon Sylvestre Essono Messanga, directeur des opérations du CICC, l’objectif est d’enrôler 320 femmes sur une période de quatre ans, soit 80 femmes chaque année. De faciliter la création d’au moins un hectare de cacaoyers c’està-dire 1200 plants pour chacune des bénéficiaires (en fonction de la disponibilité des terres et de leur volonté) et de les doter d’un revenu stable tiré de la production du cacao associée à d’autres spéculations agricoles (maïs, manioc, plantain, arachide, etc.). Ces femmes pourraient également bénéficier du lancement imminent du guichet producteur qui sera opérationnalisé par le Fonds de développement des filières cacao et café (FODECC) au cours des prochains jours. La banque de la filière pourra ainsi mettre directement à leur disposition, tout comme à l’ensemble des producteurs des huit bassins de production concernés par sa zone d’intervention, les subventions gouvernementales (distribution des intrants, fourniture des équipements et mise à disposition des infrastructures pour la production). Toute chose qui s’inscrit dans une logique de bancarisation progressive des activités de la paysannerie cacaoyère et caféière. Le Minader pour sa part, entend capitaliser ce projet dans sa décennie de l’agriculture familiale 2019-2028, pour atteindre les objectifs de développement durable 1 et 2, à savoir lutter contre la pauvreté et éradiquer la famine en milieux rural et urbain. L’initiative tombe donc à point nommé pour assurer non seulement l’autonomisation économique des femmes rurales, mais aussi, l’extension des vergers cacaoyers et l’augmentation subséquente de la production. De sources officielles, les femmes rurales représentent 71,6% de la main-d’œuvre agricole informelle et produisent plus de 85% des produits vivriers consommés. Le programme « Femme rurale dans le cacao » est financé par le CICC en partenariat avec le Minader, le Mincommerce et la confédération des chocolatiers et confiseurs de France.

Partager cet article

Commentaires

    List is empty.

laisser un commentaire