loader

Partage des eaux du Nil: Sur la voie de l’entente entre les riverains

Le plus grand barrage hydroélectrique d’Afrique en construction de devrait être achevé d’ici la semaine prochaine. Il faut avant, trouver un consensus entre riverains.

 

« Barrage de la discorde », « guerre du Nil », « symbole de fertilité dans l’Égypte antique », etc. Les mots ne manquent pas pour décrire les tensions lointaines qui existent entre les pays concernés par ce fleuve d’Afrique hautement stratégique. Le Nil est aujourd’hui une formidable source de vie économique. Mais surtout, un lieu de tension entre différents pays riverains et les autres qui en dépendent. Cette fin de mois de juin devrait marquer un moment décisif pour un terrain d’entente entre les pays directement traversés par les eaux du Nil. Pour certains observateurs, un climat d’apaisement est perceptible. Pour d’autres, il faut attendre début juillet. Toutefois, au sein de la diplomatie de chacun des pays, des lignes bougent et devraient aboutir à un consensus. La décision unilatérale d’Addis-Abeba d’utiliser les eaux du Nil bleu pour se doter de ce qui doit devenir, dès la fin de l’année prochaine, si le projet arrivait à son terme, le plus grand barrage hydroélectrique d’Afrique, le fossé n’a fait que s’élargir entre l’Égypte, qui revendique sa légitimité historique, et l’Éthiopie, qui se prévaut de sa souveraineté géographique. Deux positions rendues irréconciliables par les postures prises au fil de la décennie par les différents responsables des deux pays. Habitués aux déclarations à l’emporte-pièce, Ethiopiens et Egyptiens ont respecté la tradition lors de leur dernier rendez-vous manqué, organisé à Kinshasa le 6 avril dernier. Le Nil, long de 6 700 km, est en fait la rencontre entre le Nil blanc, qui prend sa source au lac Victoria (Kenya, Tanzanie, Ouganda) et le Nil bleu, qui prend la sienne au lac Tana en Ethiopie. Les deux branches se rejoignent dans la capitale du Soudan, Khartoum. En Egypte, 95% de la population du pays vit le long du Nil et dans son delta. Il permet l’agriculture, l’accès à l’eau douce, favorise le tourisme et tempère un climat désertique dans le reste du pays. Le haut barrage d’Assouan, construit il y a un demi-siècle, a permis de réguler son débit et d’atténuer les effets des crues. Le Nil traverse 12 pays. Mais c’est en Égypte, au Soudan (où ses branches se réunissent) et en Ethiopie qu’il se déploie le plus et rend ces pays très dépendants du plus long fleuve du monde.

Partager cet article

Commentaires

    List is empty.

laisser un commentaire