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Pour des projets matures et utiles

C’est une bouffée d’oxygène pour 39 communes et deux communautés urbaines du pays, qui vont recevoir près de 13 milliards de F dans le cadre du Comité des concours financiers, mécanisme de financement piloté par le Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (FEICOM). La plus petite enveloppe est de 30 millions de F. C’est un appoint substantiel pour les collectivités territoriales décentralisées bénéficiaires, confrontées aux difficultés de mobilisation de recettes dans un contexte national marqué par la double crise sécuritaire et sanitaire aux conséquences économiques désastreuses. Les 41 projets retenus sur 50 demandes de financement couvrent des secteurs névralgiques tels que les infrastructures, l’éducation, la santé, l’eau et l’assainissement, la santé, les sports et loisirs… Toutes les dix régions du pays sont représentées.

Les CTD retenues sont celles qui ont répondu aux critères d’éligibilité et franchi avec brio toutes les étapes. Tout en saluant ces performances, il y a lieu d’interpeller les maires bénéficiaires qui ont présenté des projets bancables et utiles qui répondent aux besoins réels des populations locales. S’ils ont su convaincre les membres du Comité des concours financiers, ils devraient se consacrer à la concrétisation de leurs projets et ainsi donner du relief aux préoccupations contenues dans la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND). Les recalés n’ont pas démérité. Ils devraient simplement revoir leurs copies et se mettre à la nouvelle école, en proposant des projets à forte connotation sociale et économique. Il est important de relever que la volonté politique d’accompagner les autorités municipales sur la voie du développement local est constante. Les pouvoirs publics n’ont jamais caché leur détermination à accélérer la décentralisation. Le cadre légal et institutionnel est balisé.

Le financement accordé à 41 CTD constitue, à n’en point douter, un coup de fouet à la notion de développement autocentré de nos villes et campagnes. Aujourd’hui plus qu’hier, les projets de développement seront passés au crible du Comité de concours financiers qui n’en retient que ceux qui sont matures et utiles aux populations. La banque des communes n’est pas à sa première expérience. 3 356 concours financiers de ce genre ont déjà été octroyés aux collectivités territoriales décentralisées depuis 2006. La modernisation des infrastructures existantes et l’aménagement des ouvrages de développement devraient être des marqueurs du développement local. A chaque commune qui veut bénéficier du financement du FEICOM de monter de projets matures et de les défendre valablement.

Au-delà du nombre de bénéficiaires d’ailleurs significatif, il faut penser à l’efficacité de cette dépense. Ce financement n’est pas un don à se distribuer entre copains. Les ordonnateurs et différents responsables en charge de la gestion de ce fonds devraient en rendre compte et s’assurer que chaque centime dépensé puisse être justifié. A l’ère de la décentralisation dont les sacro-saints principes reposent sur la proximité et l’accountability (le fait de rendre compte), les maires seront comptables devant leurs électeurs de la qualité des ouvrages et réalisations.

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