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Les ventes ne couvrent pas les dépenses

Sur l’exercice 2019, les charges de la Cicam se chiffraient à plus de 14 milliards de F, bien au dessus de son chiffre d’affaires qui lui, a regressé de trois milliards de F à dix milliards de F.

A l’usine Cicam de Garoua, unité de transformation de coton fibre en fils pour le tissage des tissus écrus devant servir à la fabrication des produits pagnes et éponges, les machines ont recommencé à tourner à plein régime depuis février dernier. Un retour à la normale intervenu après l’arrêt observé le 7 novembre 2020, faute de matières premières. La Sodecoton, principal fournisseur avait à nouveau interrompu ses ravitaillements en coton blanc auprès de l’usine, comme en 2019, entre les mois de septembre et de novembre. Joint au téléphone, Adoum Abagana, directeur de l’usine Cicam de Garoua, confirme la reprise progressive des activités sur ce site de production, après l’arrêt qui aura duré pratiquement quatre mois. Outre la matière première déjà disponible, l’usine reçoit également les pieces de rechange qui manquaient, d’après les informations communiquées par cette même source.

En attendant d’avoir les dernières évolutions sur la situation de la dette de l’entreprise vis-à-vis de la Sodecoton évaluée début janvier à 1,3 milliard de F (sur laquelle une avance de 200 millions de F avait été reglée), elle reste l’une des causes des contreperformances enregistrées par la Cicam. En effet, dans son rapport 2019, la Commission technique de rehabilitation des entreprises du secteur public et parapublic (CTR), attribuent les mauvais résultats de cette société à capital public à la « vétusté des équipements de production et à l’absence des ressources qui n’ont pas permis le ravitaillement en matières premières, pieces de rechange pour une production suffisante dans les délais ». Principal acteur de la filière industrielle du textile au Cameroun, le groupe Cicam a subi sur les exercices 2018 et 2019, des pertes respectives de 5,3 milliards de F et 4,5 milliards de F. Alors que dans le même temps, la concurrence, elle, continue de gagner du terrain. Les données sur le commerce extérieur révèlent en effet que le Cameroun a importé sur ces deux années, un volume cumulé de 149 395 tonnes de friperie d’une valeur globale de 82,2 milliards de F. Ajouté celà, la concurrence des produits en provenance d’Asie et d’Afrique de l’Ouest.

Au 31 décembre 2019, les charges de la Cicam (14,5 milliards de F contre 18,5 milliards de F en 2018) étaient supérieures à ses ventes (10,04 millliards de F contre 13,2 milliards de F en 2018). « Ce faible résultat s’explique par l’absence de nouveaux produits et la chute des ventes qui génère des tensions de trésorerie et par consequent, des difficultés d’approvisionnement des usines en pièces de rechange et en matières premières », note la CTR dans son rapport 2019.  Les techniciens du ministère des Finances suggèrent de developer des strategies d’innovation pour booster la performance globale de cette entreprise qui continue d’afficher un résultat déficitaire en dépit du plan de restructuration. Le plan de délocalisation du site Cicam 2 actuellement dans le pipe devrait permettre de réduire certains postes de dépense.  En ramenant ses sites de production de trois à deux (Garoua et Bassa), l’entreprise pourra dégager des économies dans les dépenses de fonctionnement (électricité, eau, maintenance des machines, etc.) et réaffecter ces ressources soit à l’apurement de ses dettes, soit à l’accroissement de sa production.

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