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« Les facultés ont encore un rôle de premier plan à jouer dans la préparation à l’insertion socio-professionnelle »

Guy Ketchatcham Ngamy, manager de White Dove Company, cabinet d’études de recherches et de prospectives.

Quels sont actuellement les profils les plus recherchés sur le marché de l’emploi au Cameroun ?

Sans être exhaustif, je pourrais parler de mon secteur d’activités, lequel est un secteur de prestations intellectuelles qui recrute du personnel en fonction des projets que nous avons à réaliser. Nous évoluons dans le domaine du développement social pris comme un ensemble d’activités qui, de façon générale, concourent au bonheur de l’homme pris au sens individuel mais également au sens collectif. Ce sont des activités relatives au bien-être social et c’est pourquoi ces activités sont liées à la promotion de l’éducation, à la santé communautaire, à la sécurité routière, à la lutte contre les catastrophes, à l’action humanitaire… Ici, les profils le plus fréquemment recherchés ces dernières années sont les économistes qui font dans la mesure de faits sociaux à travers la statistique pour mener des études, enquêtes et sondages. Récemment, le cabinet recherchait des géographes capables de cartographier des faits sociaux. Les sociaux anthropologues, les personnes évoluant dans le domaine de la communication sont aussi des profils recherchés. Voilà sommairement des domaines où nous sollicitons des compétences et où nous voyons des entreprises partenaires ou concurrentes recruter également.

A présent que la saison des concours pour la rentrée académique 2021-2022 est lancée, quelles chances les postulants ont-ils d’être insérés dans le marché de l’emploi à l’issue de leur formation ?

Mon expérience en tant que chef d’entreprise me fait penser que les facultés ont encore un rôle de premier plan à jouer dans la préparation des Camerounais à l’insertion socio-professionnelle. Elles ont encore beaucoup de travail à faire dans la préparation des jeunes à l’insertion sociale, beaucoup plus que les grandes écoles. Dans nos projets, nous recherchons du personnel très qualifié. Parfois, le diplôme standard est le master et au moins 15 à 20% de notre personnel est détenteur d’un doctorat. C’est dire que l’expertise très affinée est recherchée et elle est plus présente chez les diplômés de facultés contrairement aux diplômés de grandes écoles. Nous recherchons des profils flexibles, qui peuvent innover, proposer des solutions dans des situations auxquelles ils n’ont pas forcément été préparés.

A quelles doses faut-il allier les connaissances théoriques aux connaissances pratiques dans la recherche d’emploi ?

Les connaissances pratiques sont fondamentales, parce que la recherche dans notre entreprise est une recherche opérationnelle. Ce n’est pas la recherche fondamentale telle qu’elle s’effectue dans les universités avec pour but de faire avancer la science. Nous répondons aux questions pratiques que nous posent nos clients. Ces questions peuvent être liées à l’avancement des activités de communication, au renforcement de capacités, à l’évaluation des projets, etc. Les besoins sont fortement orientés vers la pratique. Quand nous recherchons un géographe par exemple, il doit avoir des compétences d’urbaniste, de cartographe et nous lui donnons des travaux précis (cartographier un phénomène social). Il faut des connaissances pratiques.

Où a-t-on l’opportunité de trouver cette expérience lorsqu’on est fraîchement diplômé ?

Dans le cadre de l’évaluation des projets de la commande publique, il nous est demandé de fournir du personnel expérimenté. J’ai eu à donner à certains profils qui n’avaient pas encore d’expérience avérée, leurs premières chances professionnelles et la possibilité d’acquérir cette expérience. Je suis par exemple en train d’évaluer deux CV et le candidat dont le CV a juste un an d’expérience a très peu de chances d’être retenu face à celui dont le master date de 2013. Cependant, le plus jeune aura sa chance comme assistant ou personnel d’appui pour un départ. Avec cela, il va acquérir de l’expérience et pourra être proposé comme personnel expert plus tard.

Quelles options conseilleriez-vous à un bachelier qui s’apprête à choisir un cursus pour plus tard entrer dans le monde du travail ?

Si cela ne dépend que de moi, je lui conseillerai de se rendre dans une faculté, parce que le diplômé a la capacité d’adapter ce qu’il y a appris à des réalités de terrain non prévues dans sa formation. La faculté prépare les étudiants à appliquer une méthode pour résoudre des problèmes dans différents domaines. Parallèlement, les diplômés des grandes écoles appliquent leurs connaissances à l’enseignement. 

Propos recueillis par Marilyne NGAMBO TCHOFO

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