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Accès aux grandes écoles: Le prix du succès

Alors que la saison des concours et des recrutements bat son plein, entre le petit vendeur de prospectus, les services fiscaux et les centres de préparation aux examens, les business de la réussite, eux-aussi, ont fait leur rentrée.

L’onde frénétique, habituelle en cette saison des concours et autres recrutements dans les grandes écoles de formation, traverse les milieux estudiantins et scolaires depuis quelques semaines. A grand renfort de publicité, les offres de formation et les conditions de recrutement sont vantées aux potentiels postulants. Tout y passe, des flyers qu’on distribue à tout va, à la réclame (parfois un peu trop) bruyante sur les chaines radios urbaines, en passant par la bande passante de la télé, le spot sur internet, ou le petit encart dans les journaux écrits… Alors que l’épreuve décisive des examens finaux approche – la plupart des concours et tests annoncés se déroulent entre fin août et début septembre –, la fièvre grimpe davantage, aussi bien chez les candidats, que dans les institutions de formation, les centres de préparation aux concours, et même dans les rues, où des hordes de « petits » vendeurs proposent des prospectus à vil prix. Toute une chaine de consommation, qui met en évidence un véritable business autour de l’accès aux grandes écoles, diplômantes ou donnant accès à la fonction publique.

C’est clair, le circuit des examens et concours d’entrée dans les grandes écoles au Cameroun s’est au fil des années, mué en un véritable marché. Et, comme pour tous les marchés, les lois classiques, offre/demande et qualité/prix, s’y appliquent, avec cependant quelques spécificités. Ici aussi, il y a des gens qui offrent des services, d’autres qui payent pour y accéder. En l’occurrence, des milliers de jeunes et moins jeunes, en quête de travail ou simplement d’expertise. Ils constituent cette masse de demandeurs, prêts à tout pour se donner les meilleures chances de réussite. Entre la constitution des dossiers, les cours de préparation, l’acquisition de documents divers, le transport pour rallier les centres d’examen et d’autres dépenses courantes, votre journal tente de faire une simulation de facture standard du prix du succès.

Ici, comme pour tout concours, rien ne sert de courir ; il faut partir à point. Dans ce contexte, la préparation est une étape essentielle. Pour satisfaire la forte demande des postulants, des dizaines de centres se sont constitués autour des villes universitaires, promus pour la plupart par d’anciens diplômés des grandes écoles, des enseignants ou des professionnels des différentes filières ouvertes à la compétition. La grille des prix, selon que le postulant choisit un cycle court (durée standard de six semaines à trois mois), moyen ou complet (trois sessions), peut aller de 25 000 F à 90 000 F, selon le prestige de l’institution et les services spécifiques demandés (cours à distance, coaching particulier à domicile, etc.). Il faut y ajouter l’achat des documents (fascicules et anciennes épreuves corrigées), entre 5 000 F et 10 000 F.

Si les cours de préparation ne sont pas obligatoires, la constitution du dossier de candidature, elle, l’est. Et les frais y afférant incompressibles. Pour la quasi-totalité des concours officiels, les pièces à fournir sont presque uniformes, tout comme les factures. Entre la certification des actes de filiation et des diplômes, les frais d’expédition du dossier et l’authentification de certaines autres pièces, il faut compter autour de 6 000 F à dépenser en timbres (fiscaux, communaux et postaux). Pour que la boucle soit bouclée, il y a les incontournables frais d’étude de dossier qui, pour la plupart des grandes écoles, s’élèvent à 25 000 F. Pour certains candidats, il faudra y ajouter des frais de transport, lorsqu’ils doivent partir de l’arrière-pays pour rallier leurs centres d’examen… Toutes les simulations faites, il ressort que les dépenses liées à la préparation et au passage des épreuves d’accès aux grandes écoles au Cameroun, peuvent se chiffrer entre 60 000 F et 120 000 F. Etant bien entendu que les cours d’appoint payés ne sont pas une nécessité absolue, lorsqu’on a bien assimilé ses leçons en sessions normales.  

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