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Crédits impactés par le covid-19: 61% du portefeuille en restructuration

L’opération vise à alléger les conditions de remboursement de ces prêts dont l’enveloppe globale se chiffre à 472 milliards de F.

C’est un bilan sans surprise de l’impact de la pandémie du covid-19 sur le secteur bancaire de la sous-région qui est dressé par la Commission de la Cemac, dans son rapport de surveillance multilatérale 2019 et perspectives pour 2020 et 2021. Le document daté de juillet 2021, confirme que la survenue de la crise sanitaire a davantage affaibli le secteur bancaire. Dans un contexte de ralentissement des activités économiques, fermeture des frontières, il fallait s’y attendre. Au tout début de la pandémie, des craintes émanaient déjà quant à la capacité des banques à jouer efficacement leur rôle de principaux pourvoyeurs de capitaux pour les Etats et les autres agents économiques de la zone. A fin décembre 2020, le volume des crédits impactés par la crise sanitaire a atteint d’après le rapport de la Cemac, 472 milliards de F. Selon cette même source, 61% de ces prêts bancaires feraient déjà l’objet de restructuration.

Comme pour la dette à l’échelle des Etats, « la restructuration du crédit consiste, de façon simple, à revisiter le contrat de crédit c’est-à-dire, les conditions d’octroi, le montant, les taux d’intérêts, la durée, la périodicité des loyers de remboursements, les garanties », explique Jean Claude Ebe Evina, expert financier. Dans la conduite de cette opération, « toutes les conditions ne sont pas forcément remises en cause. La négociation est faite au cas par cas et vise à alléger le poids ou la charge de la dette en rapport avec la situation de l’emprunteur », ajoute-t-il. A l’image de l’opération de rachat de l’eurobond réalisé par l’Etat du Cameroun en juillet dernier, pour son emprunt contracté en 2015. La restructuration des crédits impactés par le covid-19, devrait donc soulager la trésorerie des débiteurs, particuliers et entreprises, évoluant dans un environnement encore incertain du fait du covid-19.

Une règlementation moins dure

Du côté des banques hébergeant ces prêts dans leur portefeuille, elles bénéficient pour leur traitement, des mesures d’adaptation de la règlementation prudentielle mises en place par le régulateur en juillet 2020, en complément de celles adoptées en avril de la même année. En effet, pour les concours impactés par le covid-19, la Cobac a suspendu les conditions de reclassement d’une créance en souffrance restructurée ou rééchelonné dans les encours sains, prévues dans son règlement s’appliquant aux banques et aux établissements de microfinance (EMF). Toutefois, « la suspension n’est autorisée qu’une seule fois pour la même créance. Toute échéance impayée entraîne le déclassement automatique de l’encours de la créance reclassée en créances douteuses. Cet encours doit être entièrement provisionné », précise la Cobac. La durée prévue pour le déclassement en créances douteuses des concours impactés par la pandémie a été allongée de 90 jours à 180 jours (+90 jours) pour les impayés sur les crédits amortissables s’agissant des banques ; et de 45 à 120 jours +75 jours) pour les EMF. Passées ces délais, les établissements assujettis sont tenus de provisionner lesdites créances, conformément à la réglementation en vigueur. Pour une meilleure traçabilité, banques et EMF sont tenus d’assurer un reporting spécial de ces prêts, en identifiant de manière spécifique dans une sous-catégorie des créances impayées, une ligne, « créances impayées covid-19 ».

Le rapport de surveillance multilatérale souligne par ailleurs que le taux de créances en souffrance est en quasi-augmentation depuis l’avènement du choc pétrolier et atteindrait plus de 25% à fin décembre 2020, en cas de prise en compte des crédits impactés par le covid-19, après 20,9% à fin décembre 2019. Néanmoins, pour la BEAC, la qualité du portefeuille du système bancaire est restée relativement stable, avec un volume de 1 914,7 milliards de F de créances en souffrance (en hausse de 7,4%) à fin décembre 2020, représentant 21,2% des crédits bruts. Un niveau quasiment semblable à celui observé l’année précédente.

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