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Eneo: Ça ne s’arrange pas sur le réseau interconnecté Nord

Le faible niveau de remplissage de la retenue du barrage de Lagdo et les tensions de trésorerie auxquelles le secteur fait face fragilisent de nouveau la fourniture en énergie pour les populations.

Les abonnés du service électrique raccordés au réseau interconnecté Nord (RIN) ont renoué depuis quelques jours avec les délestages. C’est depuis le 26 septembre dernier plus exactement, date à laquelle l’entreprise en charge de la distribution de l’énergie a fait savoir via un communiqué de presse, qu’elle est « contrainte d’opérer des rationnements ». Pourquoi ? Un déficit d’eau. D’après les explications données par Eneo, « le niveau des apports en eau observé sur la retenue du barrage de Lagdo depuis le début des crues 2021 est particulièrement bas, traduisant une hydraulicité historiquement faible sur le bassin, pire que celle enregistrée l’année dernière. La légère embellie observée au courant du mois d’août 2021 s’est malheureusement, très vite estompée ». A la date du 28 septembre 2021, la société confiait n’avoir pu stocker qu’un volume de 1,361 milliard de m3 d’eau sur la retenue, sur un total de 4,6 milliards de m3. Ce faible taux de remplissage (30% environ), obligerait Eneo à fonctionner sur deux groupes. Autrement dit, Lagdo ne fournit actuellement que 50% de sa puissance.

Cette situation replonge dans l’épisode vécue en 2015 sur le réseau interconnecté Sud (RIS). En effet, le déficit inhabituel enregistré sur le fleuve Sanaga (1,6 milliard de m3 d’eau) avait alors entraîné de fortes perturbations sur le service électrique. Si l’apport en eau du barrage de retenue de Lom Pangar permet aujourd’hui de réguler le débit de ce fleuve, la solution dans le RIN reste à trouver. A la baisse de régime de la centrale de Lagdo, il faut ajouter les difficultés dans l’approvisionnement en combustibles des centrales thermiques du RIN. Il s’agit des centrales de Djamboutou, Ngaoundéré et Maroua, ravitaillées régulièrement en combustibles selon Eneo. Il y a quelques mois de cela, l’entreprise, avec l’accord du gouvernement, a procédé au transfert d’une capacité de 24 mégawatts (MW) des groupes fonctionnant au gasoil au RIN depuis Yaoundé. Soit 12 MW à Garoua, huit à Ngaoundéré et quatre à Maroua. Début septembre courant, la société a annoncé la construction d’une troisième grande ligne dans le chef-lieu de la région de l’Extrême-Nord. Un investissement évalué à 120 millions de F (en plus de la réhabilitation de câbles souterrains), destiné à mettre à niveau les équipements de distribution face à la croissance de la population. Des solutions locales sont développées parallèlement avec le concours d’opérateurs privés, notamment à Garoua où des fabricants de poteaux-béton (deux) se sont installés pour ravitailler l’entreprise qui conduit un programme de maintenance et d’extension des réseaux de distribution dans le RIN.  

Aujourd’hui, Eneo brandit également les exigences de trésorerie imposées par cette nouvelle alternative, en plus des aspects logistiques. Les dépenses supplémentaires mensuelles en fuel seraient évaluées à plus de trois milliards de F. En raison de tous ces vents contraires sur le RIN, il faudrait s’attendre à ce que la situation reste tendue. Toutefois, la faible demande du secteur pourrait, dans une certaine mesure, atténuer les perturbations enregistrées au niveau des ménages. A l’approche de la Coupe d’Afrique des Nations de football (CAN Total Energies 2022), une synergie est attendue des différents intervenants du secteur pour trouver des solutions durables et détendre la situation sur le RIN. 

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