loader

Kribi: Le marché de poisson pêche ses clients

Depuis le début de l’année en cours, l’aliment est devenu rare et il faut dépenser beaucoup d’argent pour en consommer.

Neuf mois que ça dure. Depuis le début de l’année en cours, il faut dépenser beaucoup d’argent pour manger du bon poisson à Kribi. Le bar, le poisson le plus consommé dans la cité balnéaire, s’achète aujourd’hui à 5000 F le Kilogramme. Et d’après les ménagères et autres consommateurs, les prix ne sont plus fixes. Ils varient selon les heures de la journée et les marchés. Au débarcadère du lycée, reconnu comme le marché de poisson le moins cher de la ville de Kribi, le kilogramme du bar revient entre 4000 F et 4500 F. La dorade rouge coûte 3500 F voire 4000 F le jeudi et le vendredi. La sole se vend à 6000 F le kilogramme.

Non seulement le poisson est cher à Kribi, mais il est aussi devenu rare. Il faut se lever tôt pour en avoir. Marie Nzié, arrivée au marché du lycée à 8h, est rentrée avec son panier vide. « On ne va pas abandonner ses premières tâches ménagères pour venir discuter le poisson ici à 6h30 », se plaint-elle. Dans l’après-midi, au débarcadère de Mboamanga, on trouve quelques revendeuses. Et c’est le plus offrant qui achète. Nicole et ses amis venus de Yaoundé ont pris un kilogramme de bar à 6500 F. « A partir d’une certaine heure, c’est la vente aux enchères », révèle une revendeuse. Elle va aussi dévoiler que certains clients, les tenanciers de grands restaurants, négocient directement avec les pécheurs. « Ils donnent leur argent avant même que le pêcheur ne parte en mer », fait-elle savoir.

Les raisons de la rareté du poisson à Kribi s’expliquent alors d’une façon ou d’une autre. Pour les pêcheurs, il faut aller en haute mer pour avoir une bonne prise. « Nous n’avons pas le matériel adéquat pour la pêche professionnelle. Nous nous contentons alors de pêcher à quelques mètres de la côte », déclare Samuel Njombè. On apprendra des autres pêcheurs que plusieurs rochers où se reproduisent les poissons ont été détruits et qu’il existe déjà plusieurs zones interdites à la pêche aux abords de la côte.  Les caprices du climat sont aussi pointés du doigt. « Depuis le mois d’octobre 2020, il y a de violentes vagues qui ne nous permettent plus d’exercer notre métier. Nous avons connu des pertes en personnes et en matériel », renchérit un autre pêcheur.

Partager cet article

Commentaires

    List is empty.

laisser un commentaire