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Importations de poisson: Une nécessité de redresser la courbe

Le frémissement observé au niveau de la production halieutique devrait s’accélérer pour réduire les coûts de ce produit de grande consommation et diminuer le déficit de la balance commerciale.

Un croisement de facteurs a permis que les importations de poissons et crustacés du Cameroun chutent de 16% (soit -18 505 tonnes) au cours du premier semestre 2021. Certains experts y lisent une répercussion de la crise sanitaire, notamment au niveau de la chaîne de transport qui coulisserait moins facilement avec la hausse des prix de la logistique. Conséquence, les prix du poisson importé ont grimpé. A Bertoua, dans la région de l’Est, les propriétaires de poissonneries notent que cette hausse est la plus haute enregistrée dans la région ces dernières années. Le kilogramme de maquereau y est passé de 1300 F à 1500F, tandis que celui de maquereau doré est proposé à 1750 F au lieu de 1550 F précédemment. A Yaoundé aussi, le panier de la ménagère a ressenti les changements de prix. Le carton de maquereau s’achète à 30 000 F contre 20 000 F il y a encore quelque temps. Constat qui a amené le gouvernement à sceller en août dernier, neuf poissonneries accusées de hausse illicite des prix. Une mesure de lutte contre la vie chère qui pourrait participer au renforcement de la consommation de poisson produit localement.

Ainsi peut-être, faudrait-il lire dans cette baisse des importations -avec un brin d’optimisme- un meilleur approvisionnement du marché en produits de pêche locaux… Il faut remarquer que les efforts consentis en amont tant par le gouvernement que par les privés, ont abouti à des améliorations au niveau de la production de poisson, laquelle était en hausse de 74% en 2019 par rapport à 2018, d’après la loi de Finances 2021. La production aquacole est passée de 5213,9 tonnes en 2018 à 9078,2 tonnes en 2019 grâce, entre autres, à la vulgarisation de techniques d’aquaculture innovantes. Même si le coût du poisson d’eau douce reste au-dessus de celui du maquereau importé. Le kilogramme de silures se vend à 2500 F tandis que la même quantité de tilapia coûte 2000 F.

C’est dire que la bataille est loin d’être gagnée, puisque la demande nationale en produits halieutiques s’élève à 500 000 tonnes par an, tandis que les productions cumulées de l’aquaculture gravitent autour de 335 000 tonnes. A cet effet, le ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, Dr. Taïga, a présidé en juin dernier, la toute première session du Comité interministériel chargé du suivi de l’installation des investisseurs aquacoles privés. L’idée, selon le ministre Taïga, est de « créer une nouvelle classe d’hommes d’affaires, des patrons du poisson, et ainsi limiter les importations ». Dans la même logique, le gouvernement a lancé en 2020 un appel à manifestation d’intérêt pour attirer des industriels dans les secteurs piscicole et aquacole qui s’est accompagné de mesures incitatives pour des investissements dans des zones à fort potentiel aquacole, des façades maritimes, des périmètres fluviaux ou des lacs de retenue. C’est sans compter le Projet de développement des chaînes de valeur de l’élevage et de la pisciculture (PDCVEP) financé à hauteur de 65 milliards de F qui entend augmenter la rentabilité des exploitations agropastorales et les revenus des producteurs. Le projet s’inscrit dans la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30) qui prévoit l’accroissement de la production et de la compétitivité des produits agro-sylvo-pastoraux et halieutiques. Il permettra la construction de marchés de poisson à Ebolowa et à Idenau, afin de rapprocher les produits halieutiques locaux, notamment le poisson d’eau douce des populations.

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