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SOS femmes du lac Tchad

Comment autonomiser les femmes et les jeunes du Bassin du lac Tchad réputées vulnérables et actuellement en proie aux affres des attaques sporadiques des terroristes de Boko Haram ? Les résolutions de la troisième réunion du Forum des gouverneurs du Bassin du lac Tchad tenue du 4 au 5 octobre dernier ont souligné l’importance d’accorder une place à la coopération en matière de stabilisation, de consolidation de la paix et du développement durable. Ce triptyque d’actions ne pourra être visible sur le terrain que si les couches vulnérables que sont les femmes et les jeunes sont effectivement prises en compte dans le chantier de la reconstruction en cours. Les réalités sont telles que les femmes et les jeunes de cette partie du continent sont toujours la cible des djihadistes qui les recrutent à la pelle, pour en faire des boucliers humains ou des kamikazes. Les pesanteurs traditionnelles et historiques les confinent à des pratiques culturales ancestrales, rudimentaires et sans innovation. Les pratiques de l’élevage de subsistance, de l’agriculture et de la pêche leur permettent d’avoir juste ce qu’il faut pour vivre ou survivre. Il faut changer la donne.

C’est le lieu ici de penser que les gouverneurs des Etats les plus affectés sont interpellés et doivent être en alerte maximale, pour suivre la mise en œuvre des plans d’actions territoriaux, et surtout ressortir les programmes et projets viables destinés exclusivement aux jeunes et femmes du Bassin du lac Tchad. En étroite collaboration avec les acteurs humanitaires du développement et de la paix qui sont déployés sur les différents sites. Cette programmation doit se faire en harmonie avec les priorités nationales et locales. Deux résolutions nous semblent être explicites à ce sujet, pour engager la responsabilité des acteurs à plus de synergie : « Travailler avec les partenaires pour redoubler d’efforts en vue d’autonomiser et donner plus d’opportunités, notamment d’emplois aux femmes et aux jeunes ; faciliter les contributions et l’engagement des organisations de la société civile dans la mise en œuvre des plans d’actions territoriaux ».

L’autonomisation des femmes et des jeunes du Bassin du lac Tchad ne devrait pas être abandonnée aux seuls gouverneurs des Etats affectés et autres acteurs de développement et de la paix sur le terrain. C’est l’affaire de tous. Chacun doit s’impliquer. Déjà, il faut vulgariser les plans d’actions quinquennaux élaborés à cet effet pour mobiliser les acteurs économiques au financement des programmes et projets de développement retenus. D’autre part, il faut impliquer les acteurs à tous les niveaux : les administrations concernées, les forces de défense et de sécurité, les autorités traditionnelles, la société civile… Chaque citoyen doit savoir que la place de la femme et du jeune du Bassin du lac Tchad n’est pas auprès des djihadistes qui abusent d’eux au quotidien. En contribuant au financement des plans d’actions quinquennaux, nous contribuons à libérer les jeunes et les femmes du joug de la servitude et de la barbarie. Seule la formation aux petits métiers peut leur garantir un avenir et les sortir de la précarité et de l’extrême pauvreté. C’est à ce prix qu’ils pourraient alors créer de petites unités de production et prendre en main leur destin.

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