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Extensions capillaires: La fabrication locale tisse sa voie

Le marché de la confection de mèches et perruques s’enrichit chaque jour de nouveaux acteurs proposant une variété de produits, du haut de gamme au low cost.

Des ateliers d’un autre style se créent au marché Mokolo à Yaoundé. Le geste machinal, une dizaine de dames assises derrière des comptoirs cousent simultanément à la main et/ou à la machine, des extensions capillaires. A la fin, la création rejoindra la multitude de perruques présentées dans cette avenue de mèches. Avec la particularité qu’aucune de ces créations n’est identique à une autre. « Les modèles, les tailles, les textures, les couleurs et les prix diffèrent », indique Germain M., tenancier d’une de ces boutiques dédiées. L’espace de moins de 10 m² compte environ 400 perruques. Certaines sont confectionnées sur place, mais la grande majorité provient des importations. Ces dernières constituent environ 70% du chiffre d’affaires de la boutique, les prix allant de 15 000 F pour les greffes dites « naturelles » à 260 000 F pour les « indiennes », « péruviennes », « brésiliennes », etc. Ces dernières années, les prix des extensions capillaires ont considérablement baissé, passant de plusieurs centaines de mille à des prix accessibles à diverses bourses. De nouveaux acteurs ont fait leur entrée sur le marché et, avec la digitalisation, la publicité autour des extensions capillaires est partout. Les plateformes numériques sont assaillies de pages, comptes et groupes de promotion de mèches avec possibilité de livraison à domicile. C’est que, le géant chinois Ali Express a démocratisé la vente d’extensions capillaires, et par ricochet les prix. Le fournisseur, facile d’accès, a imposé aux premiers acteurs du marché de partager leurs parts avec les nouveaux venus. Mais des marques comme Nourishka Hair de la députée Nourane Fotsing avaient déjà eu le temps de faire leur chemin. Aujourd’hui, la structure emploie une dizaine de jeunes dans ses agences et continue d’exporter ses produits.

Avec une expérience de plusieurs années dans la vente de produits capillaires, Marguerite Kilama, promotrice de la boutique en ligne « Maggy Kloset » continue de fournir des perruques et mèches avec des garanties de 18 mois pour des valeurs comprises entre 60 000 F et 300 000 F. Pour se démarquer de la concurrence, elle propose sur son site Internet un paiement sur six mois, sans intérêts. L’offre en formation s’étoffe également dans les instituts de beauté. Des établissements comme « Chez Madame Annie » à Santa Barbara à Yaoundé proposent des formations en fabrication de produits capillaires à 5000 F pour deux semaines d’apprentissage, tandis que la Startup Academy a récemment organisé une formation de deux jours au prix de 25 000 F.

Le gouvernement, également, voit dans le secteur une niche de recettes puisqu’en 2020, la loi de Finances a taxé à hauteur de 12,5%, l’importation des cheveux, perruques, laines, barbes, sourcils, cils, mèches et autres matières textiles entrant dans la fabrication de perruques ou d’articles similaires aux cheveux.

 

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