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Bertoua: La rareté renchérit les prix du ciment

Les ménages paient depuis quelques mois un peu plus cher pour ce matériau, du fait de la situation économique imputable aux effets du covid-19.

S ur le coup de 10h ce lundi 25 octobre, dans le rayon d’une quincaillerie de la place, quelques tonnes de ciment sont encore disponibles. Ici, l’affluence de la clientèle n’est pas celle vécue habituellement. C’est que, la livraison de stocks est interrompue depuis quelques jours. Les sacs de ciment disponibles sont déjà achetés par un client. « Nous n’avons pas encore de stocks de ciment. Nos clients sont renseignés sur cette situation qui ne dépend pas de nous », relève Sanda Oumarou, l’un des vendeurs de cette quincaillerie au cœur de la ville. De fait, ici, la commande d’un nouveau stock est néanmoins passée depuis quelques jours et elle arrivera dans les meilleurs des cas dans trois jours. Et encore là, toutes les marques de ciment, comme par le passé, ne seront pas livrées. Il s’agit des marques Cimencam Robust et Dangote. « Nous ne nous approvisionnons plus en Cimencam CPJ », explique notre informateur, mais disert sur les raisons du retrait de cette dernière marque de leur lot. Il continue en soulignant que le ciment est devenu rare. Ce qui a eu un impact sur les prix, qui ont systématiquement augmenté à partir de Douala. Selon leurs calculs, il n’y a pas suffisamment de marges bénéficiaires sur un sac de ciment. Si les deux marques citées plus haut sont vendues à 5300 F le sac, tel n’est pas le prix ailleurs. Dans la quincaillerie attenante, l’on ne trouve même pas de ciment. Bien que tous les autres produits de construction soient disponibles. Approché, l’un des principaux responsables affirme que, depuis quelques temps, ce magasin a suspendu le volet vente de ciment dans son rayon de marchandises. Notamment pour éviter des peines aux populations, explique-t-il. « Ça coûte cher, et nous n’avons rien comme marge bénéficiaire. C’est pourquoi nous avons décidé de ne plus nous approvisionner en ciment. Mais bientôt, nous allons reprendre car, nous avons déjà deux camions qui vont arriver », explique notre source. Forcément, cette situation de rareté et de cherté place en position inconfortable les populations, ultimes bénéficiaires, qui subissent le diktat des prix qui ne cessent de grimper. En effet, pour les clients, cette situation imputable aux effets du covid-19 est insoutenable. Arnaud N., enseignant, a pris un crédit pour lancer son chantier de construction d’une villa d’habitation dans la ville de Bertoua. Face aux réalités, ce fonctionnaire se trouve obligé de faire plus de dépenses qu’il n’en faut dans la rubrique de ciment. Les entrepreneurs, eux aussi, n’en sont pas épargnés. Sur la plateforme marchande, les agents en charge de répression font un ratissage permanent pour que les prix homologués soient respectés. Les spéculateurs tentent d’en profiter pour flouer davantage les populations. L’un d’eux a été stoppé net dernièrement à Garoua-Boulaï par les agents du ministère du Commerce. En plus du rappel à l’ordre, ce commerçant avait écopé, il y a quelques semaines d’une amende. Cela sonne comme un avertissement pour les autres opérateurs, d’ici et d’ailleurs. Du reste, Marcelin Ngah Nomo, chef de brigade régionale de la répression de la fraude invite ces opérateurs au patriotisme économique.

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