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On peut faire fortune dans les ordures…

C ela faisait désordre et mauvaise image pour le Cameroun. Les odeurs pestilentielles qui polluaient l’air et la vie dans les grandes métropoles de Yaoundé et Douala sont en train de partir. Progressivement. Un soulagement pour tous les acteurs. L’entreprise Hygiène et salubrité du Cameroun (HYSACAM) a repris le ramassage des ordures ménagères qui jonchaient les grands axes, principaux carrefours et marchés importants. Le personnel de cette entreprise est à l’ouvrage, pour nettoyer et dégager les immondices qui se sont accumulées et envahies les chaussées et trottoirs. Au point d’obstruer la voie publique par endroits et provoquer des embouteillages monstres dans certains quartiers. Les poubelles placées dans les marchés constituaient un obstacle pour les commerçants et un repoussoir pour les clients chassés par les mauvaises odeurs. Le manque à gagner était colossal pour tous ces vendeurs et revendeurs qui gagnent leur vie autour des poubelles dans les marchés. Cela faisait carrément une mauvaise publicité pour l’image du pays qui s’apprête à accueillir tout le gotha du football africain dans deux mois. Le dialogue a permis aux parties prenantes de s’entendre sur l’essentiel, à savoir reprendre le ramassage des ordures ménagères. Le ministère du Travail et de la Sécurité sociale a joué à fond sa partition pour concilier les acteurs, lors des concertations. Les pouvoirs publics ont ainsi débloqué sept milliards de F pour permettre à l’entreprise HYSACAM de reprendre le service. Les employés ont accepté le deal, en percevant un mois de salaire sur les trois mois d’arriérés revendiqués. Les responsables d’HYSACAM, satisfaits du happy-end, confirment que les deux autres mois d’arriérés devraient être payés dans les prochains jours. Résultat des négociations : les principaux axes seront d’abord dégagés, avant de s’attaquer aux ordures des zones périphériques. Il faudra donc s’armer de patience dans les quartiers reculés, pour le retour à la normale. C’est déjà ça de gagné ! La leçon à tirer de cette situation est que la salubrité et la modernité de nos villes ont un coût. Il est urgent de trouver une solution concertée et pérenne à la question du ramassage des ordures ménagères dans nos villes en croissance anarchique. Le sujet mérite d’être inscrit au cœur de la stratégie nationale de développement, boussole de notre économie. Le modèle de ramassage actuel, basé sur la présence d’un seul acteur, ne pourrait répondre efficacement aux nombreux problèmes de nos villes, marquées aujourd’hui par une démographie galopante. Le secteur doit être davantage ouvert à la concurrence. L’Etat devrait définir les conditions favorables, pour attirer plus d’investisseurs à ramasser les ordures, en leur proposant des incitations. Il y a de la fortune à se faire dans les ordures ménagères qui sont une niche d’emplois et de richesse. Elles pourraient générer de l’argent, contribuer à amortir ou supporter les charges liées aux opérations de ramassage, si les acteurs sont bien structurés. Elles pourraient être utilisées, par exemple, comme intrants dans des unités de production spécialisées. Et que faut-il pour mettre en place ces unités de transformation locale des ordures ménagères ? Pas grand-chose. Cette approche pourrait, sans doute, soulager les caisses de l’Etat trop sollicitées, en ces temps difficiles de crise sanitaire et sécuritaire.

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