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Intégration boursière: Débat autour de la libre circulation des capitaux

La fusion des bourses africaines, la diversification de l’offre de produits et l’harmonisation de la fiscalité entre autres points abordés au cours d’un webinaire tenu vendredi dernier.

L e continent africain a entamé depuis le début de cette année, le processus d’intégration de ses marchés. L’entrée en vigueur de la Zone de libre échange continentale africaine (ZLECAF) devrait en effet accélérer les échanges commerciaux à l’intérieur du continent et ainsi, contribuer à son développement. En plus du commerce, les marchés des capitaux dans l’ensemble, pourraient aussi faire l’affaire, à condition d’engager le chantier de la libre circulation des capitaux. L’intégration boursière a animé les échanges du webinaire organisé vendredi dernier par l’Africa Capital Markets Forum et Perenity Software. Sur l’existant, l’Afrique compte aujourd’hui 32 bourses où sont cotées 2 500 sociétés, pour une capitalisation de 1 600 milliards de dollars, soit plus de 900 000 milliards de F. A l’heure de la relance économique post-covid-19, la fragmentation des marchés des capitaux en Afrique constitue pour plusieurs observateurs, un obstacle au développement économique du continent. Plusieurs propositions visant à déclencher la dynamique d’intégration continentale des marchés des capitaux ont été faites. « Il faut une abondance dans l’offre de titres. Sur le point de l’épargne, nous avons échangé longuement sur la manière de la canaliser et les différentes sources de l’épargne. Il faut maintenant qu’on puisse avancer sur l’offre », déclare Marie Odile Sene Kantoussan, directeur général CGF Bourse Sénégal. L’argument de l’intégration boursière est également motivé par un souci de rationalisation des coûts. Mohammed Rachid, directeur du secteur financier et des affaires institutionnelles à Casablanca Finance City au Maroc a d’ailleurs questionné la capacité de toutes les bourses africaines à se doter de système de traitement de transactions, jugé onéreux. S’appuyant sur le cas de la Bourse de Casablanca dont il est membre du conseil d’administration. « Nous avons acheté l’un des systèmes les plus performants au monde à savoir celui de la London Stock Exchange. C’est une dizaine de millions d’euros sur les dix ans. Ce système permet de traiter 500 ordres/ transactions par seconde, alors que la plupart des bourses africaines, ne font pas les 500 par mois, si ce n’est par trimestre ou par semestre », argue-t-il. La réussite du projet de fusion des bourses africaines tient principalement aux accords politiques, comme l’ont reconnu les participants au webinaire. Les Etats disposent entre leurs mains d’outils pour faire du marché des capitaux, un moteur du développement du continent. La possibilité notamment de privatiser les grandes entreprises pour répondre à leurs besoins financiers ou encore l’harmonisation de la fiscalité s’agissant de la détention d’actions et de fonds pour fluidifier l’épargne. S’agissant des petites et moyennes entreprises (PME) qui constituent l’essentiel du tissu économique africain, il y a un travail indispensable à faire en amont pour les préparer à accéder à la bourse. C’est du moins l’avis du patron de la BRVM. « Nous travaillons avec les PME pour qu’elles soient conscientes de l’enjeu de la gouvernance, de la fiabilité de leurs comptes financiers et de la transparence. Ce n’est pas une paire de manches facile, mais c’est indispensable pour que les investisseurs aient confiance. Quand on vient en bourse, il faut raconter une histoire aux investisseurs pour capter leur attention, les faire rêver sur l’avenir de l’entreprise, grâce à un plan d’affaires solides, une vision de long terme et une capacité à gagner de l’argent et donc à rentabiliser leur épargne », a expliqué Félix Edoh Kossi Amenounve.

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