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« Les forêts du bassin du Congo vont servir dans les négociations internationales »

Dr. Samuel Nguiffo, secrétaire général du Centre pour l’environnement et le développement (CED).

Quelle est la place des forêts du Congo dans la géopolitique climatique mondiale ?

L’on savait que la forêt est un grand régulateur du climat et que la forêt amazonienne était le principal poumon de la planète, suivi par le bassin du Congo. Mais, des études récentes ont montré que les forêts du bassin du Congo, disposent d’un nombre important de tourbières (zones marécageuses en forêt qui ont une capacité de stocker le carbone encore plus grande que le reste de la forêt), ce qui a conduit à réévaluer à la hausse leur capacité à stocker le carbone. Il faut préserver la forêt qui va être, dans les années à venir, un élément important de notre diplomatie sous-régionale. Si elle est bien gérée, nous pourrons l’utiliser dans les négociations internationales. Ce sera important pour garantir le niveau de vie des populations du bassin du Congo.

Quel serait le scénario idéal pour mieux vendre ce potentiel ?

Le potentiel existe. Aujourd’hui, l’important c’est de le préserver, voire de l’améliorer et que la contribution du bassin du Congo à la régulation du climat mondial soit largement au-dessus de la contribution de cette zone à la crise climatique. Dans cette posture, et avec une bonne gestion de cette forêt pour au moins maintenir, voire améliorer le potentiel de stockage du carbone, on aura les arguments pour négocier. On sera un acteur important dans le jeu diplomatique mondial.

Quelle est la contribution de ce poumon forestier à la sécurité alimentaire des communautés riveraines ?

Les populations forestières dépendent de manière étroite de la forêt pour tout. La forêt fait partie de leur identité. Une forêt bien préservée apporte aux communautés, au fil des saisons, tout ce dont elles ont besoin, en termes de protéines avec le gibier, des fruits, des tubercules, des racines. On peut également trouver des céréales. Cette diversité a permis à ces peuples de subsister au fil des siècles. Et c’est cela qu’il faut arriver à préserver, parce que la pression sur les forêts, l’augmentation de la population et les activités multiples en zone forestière qui entraînent la destruction de ces forêts, menacent la sécurité alimentaire des populations qui en dépendent.

Vous mettez en exergue les produits forestiers non-ligneux. Comment mieux valoriser leur exploitation, notamment le Cameroun ?

Les produits forestiers non-ligneux (PFNL) n’ont pas reçu jusqu’ici l’attention qu’ils méritent. L’intérêt pour le bois d’œuvre a été très fort et fait que cette ressource est passée en premier plan depuis l’époque coloniale. Pourtant...

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