L e symbole est resté en mémoire : au BAT International Confe rence Centre d’Abuja, quatre drapeaux africains ont flotté côte à côte. Pas pour une compétition, ni pour une organisation sous régionale. Mais pour une guerre en faveur d’une meilleure rémunération de leur cacao. Le ralliement d’Abuja se veut comme le début de la fin d’un siècle pendant lequel « l’Afrique a envoyé son cacao au monde en sacs et l’a récupéré sous forme de produits emballés, payant aux deux extrémités de la transaction », selon les propos de John Owan Enoh, ministre nigérian de l’Indus trie. Aux côtés du pays hôte, le Cameroun, la Côte d’Ivoire et le Ghana ont tenu le 14 juil let dernier un sommet sur la valorisation du cacao. Ce qui s’apparente déjà à un cartel — les quatre pays représentant près de 70% de la production mondiale — a une volonté assumée : ne plus subir le mar ché. Mieux, fixer désormais les règles du jeu. Placé sous le thème « from bean to brand », de la fève à la marque, l’évènement s’est achevé sur la signature de la Déclaration d’Abuja, texte fon dateur de l’Alliance pour la valorisation du cacao (Cocoa Value Addition Alliance). L’idée est simple : ne plus exporter de fèves brutes. Le contexte impose en effet un change ment de paradigme. En 18 mois, les cours du cacao ont connu un grand huit. Du bond à 12 000 dollars la tonne (plus de 6,8 millions de F) à la chute à 3000 dollars et une remon tée autour de 5 669 dollars (3,2 millions de F) le 14 juil let dernier, le producteur se retrouve fragilisé par cette volatilité. Les exigences du règlement européen sur la déforestation, en vigueur à partir du 30 décembre 2026, ne facilitent pas non plus les choses. L’Alliance veut « une reconnaissance des systèmes de traçabilité nationaux »...
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