P atricia Koung y trouve à redire seulement ces dernières semaines. Le service que lui rend la préposée à la collecte de son « any day » lui manque depuis près d’un mois. D’habitude, après avoir reçu les règlements des factures premiers clients de son restaurant de fortune au centre-ville de Yaoundé, elle verse au moins 1000 F à cette jeune dame qui porte son épargne à la caisse d’un établissement financier à quelques encablures de là. Ce n’est certes pas loin, mais le temps et parfois un « demi-taxi » comme elle nomme le tarif de la course à 100 F qu’elle paie pour aller verser elle-même, pèsent sur ses charges financières et de travail au quotidien. Une de ses consœurs aussi bénéficie de ce service qu’elle apprécie. « Chaque jour, ma patronne me faisait mettre dans cette caisse jusqu’à 2000 F selon la tendance des ventes. C’est une épargne très utile pour les jours où le restaurant n’a pas suffisamment vendu des plats », explique Rachel, qui au fil du temps, s’est as sociée à son employeur. Elles partagent l’investissement et les bénéfices de cette modeste entreprise qui compte pas moins de quatre permanents. L’utilité de cet « any day » varie pour ces voisines et concurrentes. La seconde y recourt pour faire le marché quand il y a déséquilibre dans son fonds de roulement. La première s’en sert pour payer des salaires. De peur de ne pas disposer de ressources à la fin du mois ou de la semaine. « Il est difficile pour un travailleur dans nos affaires-ci, d’attendre même un jour de plus pour recevoir sa paie. Je prévois donc les mauvaises surprises, les baisses de recettes inatten dues en mettant de côté ce qui supportera les salaires », explique Patricia Koung. Le maintien d’une main d’œuvre d’assistance à la cuisine et au service de ce qui peut-être considéré comme la salle se rait alors moins perturbé par les abandons pour causes de paies retardées. Un dispositif de manage me...
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