Comment analysez-vous la dynamique de construc tion des infrastructures et d’aménagement urbain dans nos villes ? Je nuancerais le terme de « dynamique ». Il existe effec tivement des opérations de réhabilitation et quelques projets structurants, mais cela ne constitue pas encore une véritable politique continue de modernisation urbaine. La SND30 comporte pour tant un Programme de mo dernisation urbaine, auquel j’avais fortement contribué, conçu autour de la mobilité, des voiries et réseaux divers (VRD), de l’assainissement, de l’habitat, des équipements et de la gestion urbaine. À Douala, le plan de mobilité urbaine du rable (PMUD) entre enfin dans une phase opérationnelle, mais les questions d’indemnisation et de libération des emprises restent encore sensibles. Notre difficulté demeure donc moins d’annoncer des projets que de les maturer, les exécuter dans les délais et garantir leur durabilité. Au-delà de la construction des routes, des bâtiments et des ouvrages publics, quelle contribution le secteur des BTP apporte- t-il à la modernisation des villes ? Le BTP est bien davantage qu’un secteur de construction : c’est un levier de productivité et de compétitivité. Une meil leure voirie réduit les coûts de transport. Une mobilité efficace élargit les bassins d’emploi. L’assainissement protège les investissements et de bons réseaux rendent les territoires plus attractifs. Les documents économiques de l’État reconnaissent d’ailleurs que les infrastructures doivent contribuer à réduire les coûts des facteurs et à améliorer la compétitivité des entreprises nationales. Une ville moderne n’est donc pas seulement une ville qui construit, c’est une ville dont les infrastructures font mieux fonctionner l’économie. Sur le terrain, quelles sont les difficultés auxquelles les entreprises nationales du BTP sont confrontées pour accéder aux finance ments et maintenir leurs activités ? Le BTP exige énormément de trésorerie : il faut mobiliser les équipes, les engins, les matériaux et les cautions avant même d’être payé. Nos entreprises restent souvent sous-capitali sées et accèdent difficilement à des financements adaptés à la durée des projets. À cela s’ajoutent les retards de paie ment et plus globalement, notre faible capacité à transformer rapidement les financements obtenus en réalisations. C’est tout le problème des soldes engagés non décaissés (SEND). La priorité doit donc être la maturation des projets, la libé ration préalable des emprises, la fluidité des procédures et la prévisibilité des paiements. Face à la concurrence des multinationales, comment renforcer la compétitivité des entreprises camerou naise du BTP ? Nous devons sortir d’un para doxe : vouloir des champions nationaux tout en fixant parfois des critères qui leur interdisent d’acquérir les références néces saires. L’appel à manifestatio...
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