Quelles sont vos sources de motivation ? Tout est parti d’un constat, sur le terrain. Dans les zones bananières, chaque récolte laisse au sol des tonnes de troncs qu’on abandonne à la pourriture, alors que c’est une matière riche en cellulose. Voir cette ressource gâchée pendant que le pays continue d’importer du papier, ça suffit à motiver toute une carrière. Il y a aussi la question du plas tique : le Cameroun a interdit les emballages non biodégra dables, mais sans alternative locale fabriquée ici, la loi reste lettre morte. Nous voulons être cette alternative. Et puis il y a l’emploi. Une filière de col lecte et de transformation de la fibre de bananier fait gagner de l’argent à chaque étape, du champ à l’atelier, et surtout dans les zones de production pas seulement en ville. Quelles difficultés rencon trez-vous ? Le financement des équipe ments industriels est notre principale difficulté. Une ligne industrielle représente, pour une jeune entreprise, un investis sement lourd : on avance donc par étapes. La ligne actuelle tourne avec des équipements que nous avons conçus et fa briqués nous-mêmes, ce qui a limité la mise de départ et nous a permis de démarrer. Pour changer d’échelle, il faudra des équipements plus performants, achetés chez des constructeurs spécialisés. Et pour cela, nous mobilisons plusieurs sources en parallèle : investisseurs à impact, subventions, partena riats industriels, financement bancaire, en construisant peu à peu l’historique d’activité qui rassure chaque type de parte naire. Il y a aussi l’énergie et l’eau. Le procédé en consomme beaucoup, donc nous travaillons sur le recyclage des eaux de procédé et sur la valorisation des effluents, qui deviennent notre biostimulant plutôt qu’un rejet. Face à la concurrence des emballages importés, nous ne jouons pas la carte du prix : le plastique restera toujours moins cher à l’achat. Nous ga gnons ailleurs sur la conformi té réglementaire, l’image de marque du client, et la fiabilité de l’approvisionnement local. Un industriel qui achète chez nous n’a ni le fret à payer, ni le taux de change à subir, ni de rupture d’approvisionne ment à craindre. Et puis les compétences. Les métiers de la pâte et du papier sont quasi absents au Cameroun. Nous formons en interne, et nous nous appuyons sur des men tors et des experts extérieurs. Quels sont vos projets ? À...
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