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« Une évolution considérable de la production »

Dr Likiby Boubakar, Directeur général de la Mission de promotion des matériaux locaux (Mipromalo).

On observe un véritable déploiement de la Mipro­ malo, que ce soit dans le cadre de l’équipement des communes, ou dans la formation professionnelle. Qu’est-ce qui suscite une telle initiative à l’heure actuelle ? Cette démarche s’inscrit dans la vision du chef de l’Etat depuis les années 2000. La Mipromalo a été créée en 1999 parce que le chef de l’Etat pensait qu’il fallait consommer camerounais. D’ailleurs, ce slogan reste toujours d’actualité lorsqu’aujourd’hui on voit ce qui se passe sur le plan économique où les devises se font rares et les capacités d’importation de la zone CE­ MAC s’amenuisent. Le fait de produire sur place non seule­ ment nous met à l’abri de cette quête de devises, mais épargne aussi la balance commerciale à un niveau acceptable. C’est dans cette logique que nous nous sommes donc déployés, non seulement pour faire en sorte que les Camerounais consomment davantage de matériaux locaux, mais sur­ tout, des matériaux de qualité. Et c’est pour cela que vous allez vous rendre compte que nous nous déployons dans les 10 régions, dans le cadre des stages de vacances. C’est une façon non seulement de pro­ mouvoir ce que nous faisons, mais aussi de faire en sorte que les jeunes Camerounais puissent s’approprier ces techniques-là. On peut avoir un matériau, un tissu par exemple. Mais, si vous n’avez pas un bon tailleur, vous n’aurez jamais la belle robe que vous souhaitez. Donc, voilà un peu l’idée. C’est-à-dire que nous produisons les matériaux locaux, nous formons des jeunes à la fabrication et à mettre en œuvre ces matériaux locaux de manière adéquate pour que le consommateur final, la ménagère, ou le Camerou­ nais lambda puisse avoir un cadre d’habitation sécurisé, agréable, convivial et où on souhaiterait passer le reste de sa vie. L’entreprise que vous dirigez est chargée de la promotion et de la valorisation de l’emploi des matériaux locaux et innovants. Quel bilan faites-vous de vos missions à ce jour ? Le bilan est globalement satisfaisant, mais beaucoup reste à faire, parce que les ressources financières, aussi bien au niveau de l’État qu’au niveau international, sont de plus en plus difficiles à mobili­ ser en raison de nombreuses contingences. Et cette difficul­ té-là fait qu’aujourd’hui, on ne peut pas investir de manière massive dans le secteur à cause des urgences et des priorités gouvernementales. Cepen­ dant, nous enregistrons une évolution considérable pour le volet production. Ainsi en 2026, on enregistre un million de briques de terre cuite pro­ duites contre 100 000 en 2018. En ce qui concerne les briques de terre stabilisée, trois mil­ lions ont été produites cette année contre 100 000 en 2018. Nous espérons que l’accalmie revienne progressivement, et que la Mipromalo puisse faire partie des urgences ou des priorités phares. Et nous ambitionnons d’avoir au moins une usine dans chaque chef- lieu de région. Si on arrive à ce stade-là, les Camerounais obtiendraient des matériaux de construction à très bas coût, parce qu’on pourrait diviser le coût par quatre, si nous pas­ sons à l’échelle industrielle. Mais en plus, on aura des matériaux de qualité. Nous avons d’ailleurs travaillé la semaine dernière avec des partenaires brésiliens prêts à nous accompagner. Nous avons d’autres partenaires financiers avec qui nous travaillons, qui sont prêts à financer certains projets et nous espérons que ces projets-là verront le jour et que tous les Camerounais pourront avoir des matériaux locaux à des coûts défiant toute concurrence. Déjà, sur le plan du déploiement infrastructurel, il y a moins d’une décennie, la Mipromalo n’était qu’à Yaoun­ dé. Aujourd’hui, la Mipromalo se retrouve dans le Littoral, l’Adamaoua, le Nord-Ouest, le Nord et l’Extrême-Nord. Et actuellement, nous voulons nous déployer davantage à Douala et à l’Extrême-Nord. Nous avons déjà des sites à l’Ouest et su Sud que nous sommes en train de sécuriser. Vous étiez justement du côté de la commune de Yaoundé 5, qui a bénéficié de deux salles de classe intelligentes. Dans quel cadre s’inscrivait cette ac­ tion et comment l’étendre à d’autres communes ? Effectivement, nous avons développé un nouveau type de matériaux qui s’appelle des géopolymères faits à base de latérite avec des résistances extraordinaires qui sont au-delà des bétons que nous connais­ sons. Au départ, c’était un produit de laboratoire. Nous avons donc voulu, cette fois-ci, mettre en œuvre ce produit de manière réelle, pour que les gens puissent l’utiliser. Nous avons choisi donc ces deux salles de classe qui ont été mises à la disposition du Centre multifonctionnel de la jeunesse de cet arrondis­ sement. Et donc nous allons observer l’évolution de ce matériau. Mais qu’à cela ne tienne, bien avant ce projet, nous avons u...

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