Malgré des progrès dans la filière riz, les importations se poursuivent. Comment l’expliquer ? Nous sommes à l’ère de la mise en œuvre de la politique d’im port-substitution voulue par le chef de l’Etat, S.E. Paul Biya. Cette vision présidentielle nous amène à substituer progressi vement les produits importés par ceux produits localement. Mais, il faut comprendre que c’est un processus. L’Etat fait de grands efforts par le biais du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, à travers certains projets et programmes ou l’accompa gnement des sociétés comme la SEMRY. Mais, il faut noter que les besoins en terme de consommation nationale de riz se situent autour de 700 000 tonnes. Or, la capacité de production nationale est en croissance, mais ne peut pas encore couvrir la demande car, elle tourne autour de 300 000 tonnes par an. Il y a un déca lage entre l’offre et la demande qui explose plus vite que la production locale. Même si on produit plus, le gap reste important. En résumé, on a fait des progrès à la production notamment dans la région de l’Extrême-Nord avec la SEMRY. Cependant, on n’a pas encore rendu le riz camerounais com pétitif. Il faut relever que le Cameroun produit du riz de très bonne qualité. Quelles mesures préconi sez-vous sur le court terme pour accélérer la cadence de la production ? L’Etat à travers certains pro jets tels que le Plan Intégré d’Import-Substitution Agro pastoral et Halieutique (PII SAH) apporte des réponses appropriées par rapport à la volonté de production et de la disponibilité du riz au Came roun. Vous avez par exemple le projet Plaine centrale que le ministère de l’Agriculture est en train de mettre en place avec des aménagements des superficies comme Viva-Bénoué, Viva-Logone, etc. Tous ces programmes ont pour finalité l’augmentation de la production nationale. Nous allons dans la bonne direction. Pour accélé rer la cadence de la politique d’import-substitution, il faudrait surtout passer d’une logique de plans et d’incitations à une logique de résultats mesurables, de production effective et de transformation locale. Le projet PIISAH 2024-2026 vise justement à accroître la production et la disponibilité des produits locaux de grande consomma tion tandis que le budget 2026 prévoit d’accélérer sa mise en œuvre. Il faut aussi faciliter l’accès au financement. Les producteurs et PME doivent pouvoir acc&...
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