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« La demande en logement de luxe est permanente »

Merlin Wedjeunang Djomo, ingénieur en management touristique, directeur du cabinet d’ingénierie touristique le guide.

Quelle appréciation faîtes-vous du potentiel de l’hôtellerie de luxe au Cameroun ? Il faut particulariser l’hôtellerie de luxe qui s’adresse à des in­ dividus qui sont suffisamment fortunés, qui voyagent peu pour les affaires, mais plus pour la détente en misant sur la sécurité, la qualité du service, le plaisir et les loisirs. C’est vraiment pour un luxe assez poussé. Il y a certes une montée en puissance avec le chantier de Kempinski Sheki­ nah Palace lancé en septembre 2026 à Douala. Un complexe de cinq étoiles budgétisé à 220 milliards de F. Il y a moins de cinq autres hôtels du même calibre fonctionnels. Bien que d’autres projets similaires cir­ culent dans les annonces, on peut encore estimer qu’une hirondelle ne fait pas le printemps. L’hôtellerie de luxe comme son nom l’indique, c’est vraiment le luxe en termes de standing et de services associés parce que cette clientèle vient avec l’objectif de dépenser pour le plaisir : que ce soit dans les boîtes de nuit XXL avec des artistes internationaux de renom, que ce soit pour découvrir des es­ paces magnifiques et pour des consommations inégalées en tous points. Donc, il y a encore des efforts à fournir pour rem­ plir cette demande. On évolue plus pour le moment dans le secteur du tourisme d’affaires. Le Kempinski Shekinah Palace de Douala disposera par exemple d’une salle des conférences de 2000 places. Ce qui en fait plus un hôtel d’affaires. Selon les chiffres officiels du ministère du Tourisme et des Loisirs de 2023, le paysage de l’hôtellerie d’affaires, c’est un secteur qui monte en puissance au Came­ roun et représente environ 17% de l’offre nationale en héber­ gement hôtelier avec près de 50 000 chambres disponibles. Et pour ce qui est de la demande du tourisme d’affaires et du tourisme de luxe ? La demande du tourisme d’affaires et du tourisme de luxe au Cameroun s’accroît avec des investisse­ ments majeurs dans l’infrastruc­ ture hôtelière haut de gamme et la recherche d’une clientèle institutionnelle et internationale stable. L’hôtel­ lerie d’affaires est propice pour les conférences internationales, réunions d’affaires et forums institutionnels et gé­ nère des pics de demande très importants pour l’hébergement, la restauration et le transport, etc. En termes d’arrivées, l’hô­ tellerie d’affaires représente environ 27% des entrées avec 36% et de nombre de nuitées pointées, avec un chiffre d’af­ faires qui représente 70% du chiffre d’affaires des rentrées dans le secteur hôtelier. Donc sur les quelques 58 milliards de F que le pays a récolté sur le secteur de l’hôtellerie, plus de 48 milliards de F découle du tourisme d’affaires en 2024. Le potentiel de l’hôtellerie de luxe au Cameroun est porté par un taux d’occupation national moyen de 72 % en 2024 pour un parc d’environ 35 000 chambres. Le tourisme de luxe est donc en plein essor avec une forte demande qui est permanente. Cependant, la rentabilité et le plein essor de ces investisse­ ments de prestige sont liés à la modernisation des voiries, de l’accès aux réseaux en eau potable, Internet, l’électricité, de l’éclairage public, de la sécurité, des transports, des réseaux de télécommunications, etc. Quid des perspectives dans ce filon/secteur ? Les hôtels que l’Etat avait construit dès les années 1970- 1980, étaient classifiés dans l’ordre des trois, quatre et cinq étoiles pour les affaires et le luxe de l’époque. Ceci était en rapport avec la politique nationale qui optait pour la conquête des touristes moyens et haut de gamme. L’avantage découlait du fait qu’ils avaient le potentiel de contribuer à la croissance économique na­ tionale sur l’environnement. Il s’agissait d’éviter le tourisme de masse (qui, en dépit du nombre important de visiteurs et sa rentabilité hypothétique, a des méfaits sur la sécurité et l’en­ vironnement), au profit d’un tourisme moyen de gamme et haut de gamme (qui per­ met d’apprécier les plages, les montagnes, la nature en général tout en apportant des revenus en chaîne de valeurs). Les évolutions actuelles suivent cette orientation avec de nom­ breux investissements privés. Entre 2006 et 2026, soit en une vingtaine d’années, on est passé d’env...

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