L e président Paul Biya a signé le 2 octobre dernier deux décrets d’habili tation en rapport avec la réhabilitation de la route Douala-Bafoussam et le pro jet de corridor économique de Douala à Bangui. Avec 228 milliards de F, la voie entre la principale place des affaires de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et la capitale centra fricaine représente le plus gros lot des deux emprunts autorisés vendredi. La Banque interna tionale pour la reconstruction et le développement (BIRD), filiale de la Banque mondiale (BM), est le bailleur de fonds de cette opération inscrite dans un cadre plus large. En juin dernier, elle a en effet approuvé un programme de 1,12 milliard de dollars pour moderniser le corridor économique Doua la-Bangui. Une première phase comptant pour 525 millions de dollars est destinée à la réha bilitation des infrastructures prioritaires, la sécurité routière et les réformes de l’entretien au Cameroun, en République centrafricaine (RCA) et dans la région CEMAC, selon la BM. Long de plus de 1 400 kilomètres, le corridor Douala-Bangui as sure le transit de plus de 80 % du commerce extérieur de la RCA. En dépit de cette « impor tance stratégique, le corridor souffre de la détérioration des routes, de coûts de transport pouvant atteindre 270 dollars par tonne, de temps de tra jet de 9 à 12 jours dans des conditions normales et de 38 postes de contrôle rien qu’au Cameroun, dont 17 impliquent des paiements informels », indique la BM. Des obstacles dont l’effet sur les échanges se manifestent par des freins de volumes, augmentation des prix à la consommation, et même jusqu’à la remise en cause de la sécurité alimen taire. Dans son profil actuel, la route maintient des « millions de personnes à l’écart d’op portunités économiques ». D’où l’idée de refaire ses in frastructures, « en réduisant les goulets d’étranglement et en expérimentant des sys tèmes d’entretien durables ». Le programme permettra de faire baisser les coûts de transport, d’améliorer l’accès aux marchés et de soutenir une croissance inclusive le long de l’une des routes commerciales les plus vitales d’Afrique centrale, espère la Banque mondiale. Si les segments précis d’inter vention ne sont pas connus, l’on sait en revanche que les investissements permettront de remettre en état des tron çons routiers prioritaires, afin qu’ils répondent aux normes de résilience climatique, d’établir des stations de contrôle de la charge à l’essieu, de déve lopper des centres logistiques et des routes de desserte, de renforcer les chaînes de valeur et de promouvoir la facilitation des échanges et les réformes institutio...
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