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Transport urbain: Le blues des voitures jaunes

A Douala et Yaoundé, le besoin de taxis augmente alors que le service est moins présent en quantité.

D ans les bureaux des hôtels de Ville, les syn­ dicats de travailleurs ou de patrons, ou les recherches de l’université, il ne se trouve personne pour dire que les taxis de Douala et Yaoundé se portent bien. En commençant par leur nombre. Jean-Collins Ndefossokeng ose même la question de savoir « si on peut avoir 1 000 taxis à Douala ». Pour ce professionnel et syndicaliste représentant les travailleurs, le recul est ma­ nifeste : « le moto-taximan a complètement dominé le marché et les taxis se sont réfugiés pratiquement dans ce qu’on peut appeler les lignes et à l’aéroport. » Officiellement, en 2018, les voi­ tures jaunes n’étaient plus le principal moyen de déplacement en commun dans la capitale économique qui compte environ cinq millions d’habitants en 2026 suivant les projections de son plan de mobilité. Sur cinq millions de déplacements il y a huit ans, seuls 600 000 sont assurés par les taxis, quatre fois moins que les bendskins, les fameux motos-taxis. « La majorité des personnes se déplacent en taxis collectifs ou motos-taxis, qui sont lents, irréguliers et plus ou moins confortables », note la grande étude qui prépare des réformes générales dans la mobilité ur­ baine doualaise A Yaoundé, la concurrence existe, mais les taxis résistent. Début octobre 2026, la ville avait déjà recensé 19 000 voitures pour un décompte obligatoire qui continue. L’état des véhicules et leurs comportements dans le service aux usagers en revanche se dégradent à en croire Jean- Claude Noah, représentant de patrons. « L’activité recule en qualité. S’il faut noter : deux tiers de ce qui était dans les années d’avant la libéralisation de 1990 ont été perdus. Il y a certes plus de taxis à Yaoundé qu’à Douala mais c’est encore sans commune mesure avec la valeur de ce qu’il y avait avant les années 1990 », regrette M. Noah. D’après lui, chaque mois pourtant, une centaine de nouvelles mises en circula­ tion s’enregistre à Yaoundé. Il y a même, souligne-t-il, des établissements de microfinance qui donnent des crédits spé­ ciaux, avec des paiements en traites pour ceux qui empruntent et investissent dans les taxis. « C’est en progression pour le nombre, pas pour le reste », observe le porte-parole de propriétaires dans l’initiative de réorganisation des taxis à Yaoundé. Sérieux Selon Jean Claude Noah, il faudrait même rapidement retirer les berlines peintes en jaune qui roulent dans la capitale sans être recon­ nues par l’hôtel de Ville. Cela amènerait aux propriétaires et travailleurs en règle, un sup­ plément de revenus. D’après ses calculs, « Il faut 18 000 F pour une licence et autant pour une carte bleue mais ça peut aller jusqu’à 25 000 F à cause des paiements non officiels. La visite technique trimestrielle coûte 9000 F. On débourse chaque année 15 000 F pour une vignette de 10 chevaux et au moins 63 000 F trimestriel­ lement pour une bonne police d’assurance ; pour moins c’est de la tricherie. Chaque année, il faut s’acquitter de charges d’un peu moins de 500 000 F après avoir acheté un véhicule d’environ trois millions de F en général. Le retour sur investis­ sement est tiré des recettes d’environ 200 000 F par mois. » En général, le compte d’ex­ ploitation quand on a un taxi indiquera une rentrée de 10 000 F par jour, complète M. Ndefossokeng. Si « ça fait prati­ quement 200 000 F mensuels », c’est qu’une partie du temps de travail sert à rémunérer le ou les chauffeurs, assure-t-il à...

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