Quelles sont les avancées de la politique d’import-substi tution dans la filière blé au Cameroun ? Le Cameroun a validé en juin 2026 un plan d’action triennal de 30,9 milliards de F destiné à structurer et relancer sa filière blé dans le cadre de sa politique d’import-substitution. Ce pro gramme vise à sortir d’une phase principalement expérimentale pour structurer la chaîne de valeur du blé de la semence jusqu’au marché et la consommation. Le plan prévoit l’exploitation de 4 500 hectares pour produire 9 000 tonnes de semences certi fiées, afin de soutenir à terme une production commerciale visée de 180 000 tonnes. Les efforts se concentrent sur les régions présentant des condi tions climatiques favorables : l’Extrême-Nord, le Nord, l’Ada maoua, l’Ouest (notamment sur les hautes terres de Fon go-Tongo) et le Nord-Ouest. La Banque camerounaise des petites et moyennes entreprises (BC-PME) a été positionnée comme institution financière exclusive pour porter les opéra teurs privés engagés dans le Plan intégré d’import-substitution agropastorale et halieutique (PIISAH), facilitant l’accès aux financements à taux réduits et aux subventions sur les intrants. Quid des retombées pour les acteurs de la filière ? Les acteurs de la filière sont encore en attente du soutien de l’Etat et la plupart se sont découragés en 2025, après le premier plan de développement de cette céréale. Les produc teurs avaient des centaines de tonnes de blé en stock qui se dégradaient par des charançons et insectes (absence du marché local). Mais aujourd’hui, grâce à Cameroon wheat development (CAWDEV) et Société de pro duction et développement du blé camerounais (SOPROBLE CAM), qui motivent et achètent le blé dans les bassins de pro duction au Cameroun, chaque producteur est engagé à tripler sa production en 2027. Il fau drait mettre sur pied un centre national de commercialisation du blé local, cela permettra da vantage d’attirer plus d’acteurs engagés dans la production et créer de la concurrence comme avec d’autres spéculations. Il faut aussi mobiliser des fonds pour faire une production grou pée, puisque la culture du blé exige de grandes superficies et encourager les producteurs par des subventions et du matériel de production et de récolte. Quelles va riétés de blé fournissent de meilleurs rendements lors des phases expérimen tales ? Les chercheurs de l’IRAD ont déve loppé 22 variétés de blé pouvant être cultivées dans les cinq zones agroécologiques du Cameroun. Quelques-unes comme IRAD 1, IRAD 2, IRAD 22 ou les variétés KE NIRAD 1, 2, 3 et 4 sont parfois citées séparément. Ces variétés font parties des cata logues officiel des innovations et du matériel végétal mis à la disposition des agriculteurs par l’IRAD afin d’assurer la sécurité alimentaire du pays. Chaque grand bassin de production du blé au Cameroun tel que défini par le plan triennal de relance et de développement de la filière est propice à la culture de ces variétés. Parmi ces variétés locales et innovantes, celles qui donnent les meilleurs rendements lors des phases expérimentales sont : IRAD 1, IRAD 2, Fongo-tongo highland, Bamenda highland, DB 98 et la gamme des varié tés CYMMITE. L’adaptabilité et la productivité de ces variétés varient d’une zone à l’autre et d’une année à l’autre en fonction des phénomènes de la variation climatique et de non-maitrise des techniques culturales. La gestion de la sensibilité au climat tropical est centrée sur les éléments du milieu de production tels que le stress thermique (chaleur) qui impacte négativement sur les graines à la fin du cycle de croissance (grains échaudés) baissant le rendement de 90-100%. La solu tion est la sélection des variétés résistantes à la chaleur et le choix du bassin de production. L’humidité excessive favorise le développement des maladies fongiques qui réduisent consi dérablement le rendement. La solution réside dans le respect strict des dates de semis dans différentes zones agroécologiques du pays tel que définie sur la fiche technique de production de blé du ministère de l’Agri culture et du Développement rural (MINADER). Les maladies et pestes se gèrent par le res pect de l’itinéraire technique et un suivi régulier de la parcelle. Que préconisez-vous pour que la farine locale devienne compétitive et accessible pour les consommateurs ? Le premier défi du blé came rounais est son rendement à l’hectare, qui est souvent inférieur à la moyenne des grands pays exportateurs. Il est judicieux de développer les semences hybrides à haut rendement et vulgariser des semences de blé tropicalisé (adaptées aux sols et au climat des différentes zones agroécologiques du Cameroun) résistantes aux maladies locales. Pratiquer une agriculture de précision utilisant des capteurs connectés pour optimiser l’irri gation et le dosage des intrants (engrais, pesticides), réduisant ainsi le gaspillage et les coûts opérationnels. Il est aussi ap proprié de pratiquer une méca nisation adaptée introduisant des équipements de récolte et de battage modernes (mini-mois s...
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