L’Afrique cherche à attirer davantage de capitaux étrangers. Quelles straté gies les Africains doit-ils adopter pour les capter ? Dans la perspective de l’atteinte des ODD, les investissements directs étrangers (IDE) ne doivent plus seulement viser la rentabilité économique et financière. Ils doivent également permettre de moderniser les secteurs so ciaux (éducation, santé, inclusion sociale, autonomisation des femmes, création d’emplois pour les jeunes), préserver les écosystèmes et s’adapter aux changements climatiques. Dans ce cadre, les gouvernements africains doivent valoriser et structurer les opportunités autour de quatre axes ma jeurs. Il y a entre autres les infrastructures économiques et sociales (routes, ports, aé roports, énergie, numérique, les hô pitaux et écoles). L’agriculture durable et l’agro-industrie, portées par l’im mense réserve de terres arables non exploitées du continent. La tran sition énergétique et les technologies vertes, s’appuyant sur un potentiel exceptionnel en énergies renouvelables (solaire, hydroélectrique, éolien) et en minerais stratégiques (lithium, cobalt). L’économie numérique et la fintech, qui connaissent une croissance exponentielle auprès d’une population jeune et connectée. Comme straté gies à adopter, les Africains doivent mettre en place des mesures incitatives ciblées pour orienter les flux de ca pitaux vers ces secteurs à fort impact socio-environnemen tal, améliorer l’environnement des affaires en simplifiant les procédures administratives et en garantissant la sécuri té juridique, développer des projets bancables répondant aux standards internationaux de durabilité pour rassurer les bailleurs de fonds et miser sur la transformation locale pour maximiser les retombées éco nomiques sur le continent. Qu’en est-il de la crédibilité du système d’incitation à l’investissement ? Il faut déplorer que la plupart des mesures d’incitation à l’investissement restent des réponses conjoncturelles qui ne modifient en rien les obs tacles structurels profonds à l’attractivité des pays africains. Bien souvent, ces politiques semblent davantage répondre à une exigence des bailleurs de fonds ou s’apparentent plus à un effet de mode qu’à une véritable volonté politique in terne d’attirer durablement les capitaux étrangers et de les orienter vers des investissements réellement productifs. Ensuite, une uniformisation inadaptée et des chevauchements insti tutionnels. Dans de nombreux pays africains, en particulier en Afrique francophone, des agences de promotion des in vestissements (API) ont été clonées sur un modèle unique, ignorant totalement les spéci ficités propres à chaque pays. Parallèlement, la multiplication des structures (agences dédiées aux partenariats public-privé, aux zones économiques spéciales) engendre des chevauchements de missions et les rivalités institutionnelles contre-pro ductives. Enfin, la persistance des goulots d’étranglement et l’inefficacité de ces dispositifs est d’autant plus manifeste que les freins structurels majeurs persistent : la corruption, les lenteurs administratives le dé ficit énergétique, et la fracture numérique. Les investisseurs interna tionaux évoquent souvent le risque de...
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