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Commerce: Ces bières qui flattent en langues nationales

En se donnant des noms tirés des cultures du pays, des brasseries réussissent un coup marketing qui n’est pas prêt de s’arrêter.

« Bissé » est une boisson de l’Union camerounaise de brasseries (UCB) qui ressemble fort au mot que les mélomanes lancent pour rappeler un artiste ou un mor­ ceau sur la scène. Mise sur le marché en 2024, deux ans après la création de l’entreprise, la bière se veut un objet de par­ tage, « idéale pour les moments de convivialité ». Elle suit une autre qui depuis 2017, « s’est construite autour des valeurs de partage, d’amitié et de fra­ ternité ». La « Manyan» de la Société anonyme des boissons du Cameroun (SABC). Quand on veut rassembler autant, l’on cherche alors des noms qui traversent les frontières communautaires. « Le nom « Manyan » s’est imposé naturellement. Dans l’imaginaire collectif, il évoque le frère, le proche, celui avec qui l’on partage les moments importants du quotidien. Il incarnait parfaitement la vi­ sion de la marque : célébrer ce qui rapproche les hommes et favorise la convivialité », se rappelle Brice Monthe, un des responsables de la communica­ tion de la SABC. Chez UCB, on a aussi pensé à trouver un de ces mots du parler camerounais où le français, l’anglais récem­ ment arrivés se mélangent aux langues millénaires du terroir. En tirant sur cette corde affec­ tive, le calcul est clair, estime Gérard-Paul Onji’i Esono, pu­ blicitaire, enseignant et spé­ cialiste de la communication des organisations. « Le nom d’une marque n’est jamais un simple détail. En publicité, le nom est souvent le premier contact entre un produit et son consommateur. Avant même de goûter une bière, de consom­ mer un aliment ou d’utiliser un produit, le consommateur rencontre une promesse, une identité et un imaginaire. Le nom contribue à construire cette première impression. Lorsqu’une entreprise choi­ sit un nom issu d’une langue nationale, elle fait potentiel­ lement bien plus qu’un choix linguistique : elle mobilise un capital culturel», analyse l’expert. Ainsi, les brasseurs procèdent-ils pour être plus proches des réa­ lités quotidiennes des consom­ mateurs que des appellations im...

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