L a croissance exponentielle du paiement mobile dans la zone CEMAC réjouit et inquiète à la fois. D’une part, l’explosion de ce service fourni pour l’essentiel par des filiales dédiées de compagnies de télécommunications a for tement contribué à l’inclusion financière. Aujourd’hui, 32% de la population de la sous-région a accès à des produits et ser vices financiers et l’objectif est d’atteindre 75% en 2032. Parmi les innovations pouvant permettre d’atteindre cette cible, le porte-monnaie électro nique. 51 millions de comptes de paiement actifs en 2024, plus de 3 000 milliards de F de transactions réglées par mobile money, près de 1 500 opérations effectués via ce même moyen de paiement, 11 872 milliards de F de dépôts en espèces, etc. Des chiffres qui donnent le tournis et illustrent la place de plus en plus grande qu’occupe ce moyen de paie ment dans les habitudes des citoyens de la zone. A côté, des établissements de paiement qui en tirent des dividendes bien juteux. Sur la même période, les sept opérateurs en activité dans la zone CEMAC ont réalisé un bénéfice de 31,5 milliards de F, en hausse de 87% par rapport à 2023. La plus forte progression (710%) a été réalisé au Cameroun où le bénéfice des deux entreprises en activité sur ce segment a bondi de 1,4 milliard de F à 11,4 milliards de F. Comme si on assistait à la naissance des nouveaux géants de la finance. Depuis le 1er janvier 2019, date d’entrée en vigueur du règle ment relatif aux services de paiement dans la zone CEMAC, l’activité connaît une croissance vigoureuse d’année en année. La digitalisation des services bancaires marquée entre autres par le développement d’ap plications bancaires mobiles a soutenu cette dynamique. En donnant la possibilité à leurs clients d’effectuer des opérations de banque de puis leur téléphone via des interfaces électroniques, les établissements de crédit ont fait du téléphone portable, un outil financier incontournable. Cette passerelle créée entre les comptes de paiement et les comptes bancaires, le mo bile a malheureusement accru l’exposition du système finan cier aux menaces à même de perturber son équilibre. C’est pourquoi le régulateur s’em ploie depuis quelques années, à renforcer son arsenal juridique afin d’asseoir la solidité et la robustesse de ces établisse ments de paiement. Deux nouveaux règlements Le 29 octobre 2026, la Com mission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) approuvera...
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